NG3ÉLIQUE
Oui , je vis, infidèle , Et mes yeux sont témoins de ton ardeur nouvelle. Oui, je vis pour confondre un déloyal amant Qui s'est au moindre effort rendu si lâchement* Mais l'Amour te défend quand ta faute m'irrite: Par ton offense^ ingrat, juge de ton mérite. Voyant ce que je perds, mon esprit est content; Tu me plaisois fidèle, et me plais inconstant. Je ne déguise point par une vaine feinte L'ardente passion dont mon 4nie est atteinte ; Ma voix ouvre mon cœur , et par un faux mépris Je ne désire point de toucher tes esprits. , Pour traiter froidement un traître qui m'outrage. J'ai trop d'affection et trop peu de courage» J'aurai pour Lucidor un respect éternel; L'innocent s'il le faut prîra le criminel, Si pour toi mon visage est sans traits et sans charmeai J'ai des soupirs encore , il me reste des larmes ; Je consens de prouver jusqu'où la passion Peut résoudre mon sexe et ma condition ; Un vœu feint pour te voir, ce pénible voyage, ^e sont de mon amour qu'un foible témoignage;