‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 383 sur 428 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

NÉRÉE, CÉLIDOR.

CÉLfDOR.

Quelqujes nouveaux pensers t'arrêtoient en ce lieu?

ir£R££,

Ou communs ou nouveaux, il ue t'importe; adieu.

(£lle veat sortir. )

GELiDOR , la retenant.

Q dieux! quelle froideur sur ce visage est peinte ! Nérée, ajoute un mot et dissipe ma crainte. Tu trembles, tu pâlis.,.. Dieux! qu'est-ce que je voi ?

Que veut cet insolent? Effronté , laîsse-moî,

(Elle sort.)

55a LE FILANDRE,

CÉLIDOR, seul.

D'où provient, dieux cruels, ce changement extrême?

Est-elle encor Nérée, ou suis-je encor moirmême?

Dieux! quel juste sujet de haine et de rigueur

Altère ses attraits et me change son cœur ?

Nérée, ai-je trahi l'amitié qui nous lie?

Tu tremblois à ma vue , et ta face est pâlie!

O dieux , qu'opposerai-je à mes naissans ennuis ,

Et qui me peut tirer de la peine où je suis?

Ai-je par imprudence eiccité sa, colère?

J'ai soumis toute chose au dessein de lui plaire;

J'ai gouverné ma vie avecque tous les soins

Qui pouvaient de mes vœux rendre ses yeux témoins,

Je n'ai vu- que Nérée , et même ma pensée

A d'autres entretiens ne s'est point dispensée.

Depuis l'heureux moment que son bel œil me prit,

Il plaît seul à mes yeux et seul à mon esprit :

L'ingrate toutefois^ sitôt qu'elle m'a vue,

De mes tristes regards a détourné sa vue^

Je reçois des mépris d'où j'attendois des vœux;

La cruelle me nie un moment que je yeux;

Et, sans m'entretenir du sujet de sa haine.

Elle laisse ma vie et ma mort incertaine.

Ma mort te plaira-t-elle, inhumaine beauté?

Rage , pleurs , désespoir , aidez sa cruauté :

Vous trouvez à vos coups une âme préparée;

Finissez une vie odieuse à Nérée.

Mort , sur mes tristes jours exerce ton pouvoir ,

Puisque je ne puis vivre et cesser de la voir.

Beaux lieux, chers confidens des secrets de ma dame,

Quel accident fatal me chasse de son âme?

peut-elle aiiper ailleurs , et puis-je innocemment

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