‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 388 sur 428 · ACTE II, SCÈNE VI. SSg · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI. SSg

Mais toi seul cependant engilgeois mes esprits, Et je ne le soufiVois que pour être soufferte De tes yeux, d'où dépend mon repos ou ma perte. » Jugez quel je devins : ic Madame, dis-je alors, Je sais que cette gloire excède mes efforts : Vous feignez seulement cette amoureuse peine Pour avoir le plaisir de rendre une âme vaine , Mais il est malaisé, connoissant mes défauts; Je ^ais votre mérite et le peu que je vaux : Honorez Célidor de cette courtoisie.

Et l'aimant, prévoyez sa juste jalousie. » Mon respect à ces mots joignit de longs discours Dont Nérée en colère interrompit le cours. « Bien , ingrat ! me dit-elle , un moyen nécessaire Me fera mépriser et l'un et l'autre frère : Puisque par ta rigueur mes vœux sont rejetés , Célidor se plaindra des mêmes cruautés. » Cettç fille , à ces mots , se perdit dans les ombres , E>t me laissa confus sous ces feuillages sombres.

GÉPHISE.

Ainsi de Célidor l'espoir sera déçu.

Que t'en témoigne-t-il ? s'en est-il aperçu ?

fiLANDRE.

Tantôt en ta faveur j'ai sa grâce implorée , Sans oser toutefois lui parler de Nérée; Car, si j'en puis juger, il l'aime infiniment. Et je crains un malheur de son ressentiment ; Il aura sa colère assez tôt reconnue.

Adieu ^ je vais chez nous attendre sa venue;

(Rsort.)

56o LE FILANDRE,

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