‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 400 sur 428 · ACTE m, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VI

Les plus cruels tourmens pourroient moins l'affliger

Que ce subtil moyen de le désobliger.

Théane, ouvre l'oreille au discours véritable

Qui te rendra suspect cet esprit redoutable.

Si comme ta beauté mon frère aime le jour ;

Si la plus forte ardeur égale son amour;

Si d'autres ont touché ni ses yeux ni son âme,

Et s'il ne meurt plutôt que sa première flamme ,

Que je sois à ta vue un objet odieux

Et le but des mépris des hommes et des dieux.

Souffre que je le voie , et qu'aux yeux de Céphise

Par ses propres sermens mon discours Tautorise.

Je veux qu'aucun tourment n'égale mes malheurs

Si ses moindres regards ne t'arrachent des pleurs.

CÉPHISE

Si ton occasion l'oblige à se contraindre , Thimante 'étant un homme est capable de feindre. Mais va, fais que ma sœur en juge utilement, Et crois qu'on connaît moins un frère qu'un amant,

(Elle tort.) THÉAITE.

Sa rougeur ta trahit lorsqu'elle dissimule; Et je suis peu subtile , ou je suis trop crédule. Mes soupçons établis rétabliront la paix. Cours 9 va quérir Thimante.

O dieux ! que tu me plais !

FIN DU TROISIÈME ACTE

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