ACTE IV, SCÈNE VI
Retirant de vos fers mon âme prisonnière, Et perdant moii amour, je perdrai la lumièrei Quelle animosité fatale à mon repos Vous a fait pour ma perte entendre ce propos?
Adieu y réprime un peu ton insolente envie, Et crois que ces beautés ont conservé ta vie.
NÉRiE, le retenant.
Tu rendras , lâche auteur de mes tristes soucis .^ Par ta confession mes soupçons éclaircis. Tu tâches de sauver ta honte par ta fuite ^ Pour tramer à ta fourbe une fatale suite ; Mais je puis, et je v«ux, en cette occasion, Tirer notre repos de ta confession.
Avec combien d'adresse et combien d'artifice M'as-tu rendu suspect son fidèle service! 11 avoit, disois-tu, rompu ses premiers nœuds. Et Céphise , à t'ouïr , possédoit tous ses vœux ; Tu m'as de leur amour dépeint la violence. Et cette trahison paroît en ton silence. Où tend cette imposture , et quelle intention Oppose tes efforts à notre affection ?
Tu ne me réponds rien ?
GÉLIDOR.
O malice infinie!
Dieux! quelle extravagance égale sa manie!
Que des plus sains esprits l'amour trouble les sens!
Ce mal est-il commun aux ardeurs que je sens? ,
Et , sans m'apercevoir d'une égale folie ,
Ne la puis-je éviter dans le nœud qui me lie?
Me pedt-ôn aecuser de ces honteux accès Que Tamour Yiolent produit en son excès ?
C'est trop; n'ajoute point, lâche, traître, parjure, Le mépris à la fourbe et l'outrage à l'injure. Hier que me dis-tu ? qu'entendis-je en ce bois? Peux-tu par tes discours désavouer ta voix?
Adieu , dispense-moi d'ouïr tes rêveries.
Et je t'obligerai de quoi cpie tu me pries.
Ton discours d'un grand trouble est un signe apparent ;
Le lit t'est de besoin; crois-moi, ton msd esl grand.
( n s'en va en les regardant de c6të. ) N£R£E*
,Tu ris , lâche imposteur! mais tu dois à ton frère La modération de ma juste colère; Et Thimante au besoin
GJÊLIDOR.
Que mcHi bras à "voa yeux Immolp à vos désirs cette horreur de ces lieux!
FILANDRE, s^cu allant.
J'épargne ta folie ; adieu.