ACTE V, SCENE I. 5gS
FILAITDRE.
Que je sache premier quefle jeune beauté S'ofFre de présider dessus ma liberté.
CEPHISE.
Le faut-il avouer? c'est Céphise elle-même»
FILAHDRE.
Et Tavoûrai-je aussi? c'est Filandre qui Taîme.
ClèpHISE.
O sensible plaisir!
O bonheur de mes jours !
CJ^PHisi:.
Voilà se déclarer sans beaucoup de discours. •
Je jure d'oublier une ingrate maîtresse
Si tu joins tes désirs à l'ardeur qui me presse;
Je jure de tes yeux l'agréable douceur
Que tu n'as rien qui cède aux attraits de ta sœur.
Et mon aveuglement étoit incomparable
Quand je ne trouvois pas ce visage adorable.
GiÊPHiSE, à part.
Yoilà Filandre pris, et ce beau compliment Est toujours le premier des discours d'un amant.
(A Filandre.)
Mais si ma sœur encor t'offroit cette assistance Que son ingrate humeur dénie à ta constance, Rien ne seroit égal à ses moindres appas ; Et , quand je vaudrois plus , je ne la vaudrois pas.
Il est vrai, cet objet du tourment que j'endure Avec fort peu d'efforts rouvrtroit ma blessure ;
Mais tes yeux, secourus de la force du temps,
L'ôteront de mon cœur, et nous serons contens.
CJÊPHISE.
Ce discours me contente, et j*aime ta franchise ,
Si nue et si conforme à l'humeur de.Céphise;
Et, sans t'entretenir de discours superflus ,
Si Célidor m'aimoit, je ne t'aimerois plus.
Mais, perdant tout espoir, suivpns notre entreprise,
Et faisons par dessein ce qu'ils font par surprise r
Oublions au besoin ces objets inhumains ,
Et pour ùous entr'aimer blessons-nous de nos mains.
Je suivrai quelque loi que ton vouloir m'ordonne. Maisquelqu'un vienl.ànous..... Que son geste m'étonne!