SCÈNE VIL
Les mêmes; MÉNALQUE, DAMÈTE.
MÉNALQUE, à Uamète.
Attends, il n^est pas mort : le voilà si je veille; . Son œil revoit le jour. O céleste merveille!
Que nous veulent ces gens?
MÉNALQUE, à Ddmètè.
Je l'ai vu toutefois Etendu sur ces bords sans vigueur et sans voix : Son œil avoit perdu la lumière du monde Au point qu'en mon esquif je le tirai de Tonde; Et pour le transporter mes efforts étant vains , Je suis allé chercher le secours de tes mains.
DAMÈTE.
o dieux !
THiMAWTE, r ayant entendu.
Heureux vieillard à qui je dois la vie , Que tes prospérités égalent ton envie ! M'as-tu mis sur ces bords , et lui disois-tu pas Que ton heureux secours m'a sauvé du trépas?
méwXlqtje.
Oui, je vous ai rendu l'assistance opportune Que vous me devez moins qu'au soin de la fortune* Assis dessus ces bords j'attendois les passans , Quand un objet d'horreur a saisi tous mes sens : Tome IL . 89
Tb\ vu sans mouvement , sans force et sans haleine Ce corps flottant au gcé du v^m et de la Seine. . Ce spectacle d'horreur m'arrétoit sur ces bords , Et mon étonnement retardoit me& efforts; Mais enfin j'ai force la frayeur inutile Qui laissoit en ma mam cette rame immobile : J'ai d'un bras animé fait courir mon bateau Et rendu* œ beau corps aux riVes de cette eau. Je croyois volire vie hors d^espoir de remède.
Et pour vous transporter il vëclamok mon aide. Mais mon secours est vain^ grâce au secours divin; Je ne vous puis servir que d'un verre de vin.
THIMAIiTS.
Favorable vieillard, par c|uel heureux service Me pourrai-JQ venger de ce pieux office I^ Tu me fais possesseur de cas rares, appas. Mais Filandre fort triste adresse ici ses. pas.
Caché sous ces buissons vous entendrez ma plainte. Et me verrez punir son cirime par sa craiote. Ma sœur^ secondez-moi.