‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 7 sur 428 · DÉJANIRE, HERCULE · texte numérisé non relu

DÉJANIRE, HERCULE

Enfin lole ^ vôtre , et ses caresses prêtes

De gloire et de plaisir vont combler vos conquêtes;

lole glorieuse attend , les bras ouverts )

Ce béros qui sous soi fait trembler l'univers.

Le servage est pour elle une heureuse victoire,

Son piiys déconfit altère peu sa gloire ;

Et voyant par vos mains ses parens expirer ,

Elle songe bien plus à vous voir qu'à pleurer.

Elle a vu sans regret sa province déserte ;

Elle aimoit le vainqueur et méprisoit sa perte.

HIBRCULE.

Jamais perte aux vaincus n'a tant coûté de pleurs : Son esprit fut troujblé, son teint perdit ses fleurs; Et jamais une mort ne fut tant regrettée, Qu'Iole a regretté la perte d'Euritéc.

i6 HERCULE MOURANT,

BEJANIRE.

Mais combien de transports ont suivi ses regrets! Combien elle a pour vous poussé de vœux secrets! Qu'elle a baisé de fois cette main qui l'enchaîne ! Et de combien sa joie a surpassé sa peine !

HERCULE

Que vos jaloux soupçons offensent sa vertu!

Un fort ne ^e rend point qui n'est point combattu.

Jamais d'un seul regard, jamais d'une parole,

Je n'ai sollicité les caresses d'Iole;

Otant à ses parens la lumière du jour,

J'ai vengé mon honneur, et non pas mon amour;

Je ne' vous l'ai nommée aimable ni charmante ;

Je la mène en captive, et non pas en amante.

BEJANIRE.

Quel timide respect à votre amour est joint?

Ce qui vous plaît est juste, et vqus ne faillez point;

Vous celez sans sujet cet aimable servage.

Et le déguisement trahit votre courage.

Quoi! vous n'avouez pas un amoureux dessein!

Ma curiosité vous met la peur au sein;

Et ce que n'ont pas fait tous les monstres du monde,

Ce qu'ont en vain tenté l'enfer, la terre et l'onde,

De mettre en votre esprit le moindre étonnement,

Une femme le fait, et si facilement!

Contentez , grand héros , votre amoureuse envie ,

Et ne contraignez point une si belle vie ;

Hercule oblige trop de n'aimer qu'en un lieu;

Pour un objet mortel , c'est trop qu'un demi-dieu ;

C'est trop que jusqu'à nous Hercule se ravale ,

Et que je le partage avec une rivale;

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