‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 8 sur 428 · ACTE I, SCÈNE II. i-r · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II. i-r

Quelque nouvel objet qui le puisse toucher, Hercule divise m'est encore trop cher.

HERCULE

Cruelle, pour témoin de mon amour extrême,

Je t'offre seulement tes attraits et toi-même.

Ces traits, de tant d'amans autrefois révérés ,

Que toute l'^tolie a naguère adorés ,

Et qui blessent encor tant d'âmes étrangères ,

Penses-tu qu'ils m'aient fait des blessures légères,

£t qu'on puisse guérir de Taimable tourment

Que tes yeux ont fait naître en l'esprit d'un amant?

Non , perds ces faux soupçons , et que ta crainte meure:

Cependant , mon souci ,. soigne que dans une heure

Cet holocauste pur que je choisis hier

Soit conduit à l'autel prêt à sacrifier,

Lychas y portera l'ornement nécessaire

A parler et paroître à l'aspect de mon père ;

L'^tolie à la fin soumise à mon pouvoir,

£t son tyran défait, m'oblige à ce devoir.

(n sort.)

BiijANiRE seule.

Ah traître! ah déloyal! que d'une vaine feinte

Tu me -veux déguiser le sujet de ma crainte!

Non, non, je ne suis plus cet objet si charmant

Qui força l'inconstance à l'aimer constamment,

Qui fit d'un infidèle un amant véritable ,

Qui s'acquit sur tes sens un pouvoir redoutable ,

Qui te iîit préférable au reste des humains,

Et qui fit contre Nesse armer tes fières mains.

Le temps, qui forme toutf, change aussi toutes choses,

II flétrit les œillets , il efface les roses ;

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