ACTE I, SCÈNE II. i-r
Quelque nouvel objet qui le puisse toucher, Hercule divise m'est encore trop cher.
HERCULE
Cruelle, pour témoin de mon amour extrême,
Je t'offre seulement tes attraits et toi-même.
Ces traits, de tant d'amans autrefois révérés ,
Que toute l'^tolie a naguère adorés ,
Et qui blessent encor tant d'âmes étrangères ,
Penses-tu qu'ils m'aient fait des blessures légères,
£t qu'on puisse guérir de Taimable tourment
Que tes yeux ont fait naître en l'esprit d'un amant?
Non , perds ces faux soupçons , et que ta crainte meure:
Cependant , mon souci ,. soigne que dans une heure
Cet holocauste pur que je choisis hier
Soit conduit à l'autel prêt à sacrifier,
Lychas y portera l'ornement nécessaire
A parler et paroître à l'aspect de mon père ;
L'^tolie à la fin soumise à mon pouvoir,
£t son tyran défait, m'oblige à ce devoir.
(n sort.)
BiijANiRE seule.
Ah traître! ah déloyal! que d'une vaine feinte
Tu me -veux déguiser le sujet de ma crainte!
Non, non, je ne suis plus cet objet si charmant
Qui força l'inconstance à l'aimer constamment,
Qui fit d'un infidèle un amant véritable ,
Qui s'acquit sur tes sens un pouvoir redoutable ,
Qui te iîit préférable au reste des humains,
Et qui fit contre Nesse armer tes fières mains.
Le temps, qui forme toutf, change aussi toutes choses,
II flétrit les œillets , il efface les roses ;