‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 70 sur 428 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

. ϣLICIE.

Et si je te veux faire avouer ces paroles ,

le veux à cet amant procurer ta pitié :

le gagnerai ta haine , ou lui ton amitié.

le jure à ton humeur une éternelle guerre.

Cruelle, as-tu dessein de dépeupler la terre;

Et seras-tu constante en ce rigoureux point

De blesser tous les cœurs et de n'en guérir point ?

Espères-tu du fruit à ta froideur extrême ?

Et vaux-je moins que toi pour avouer que j'aime?

L'amour te paie-t-il du souci que tu prends

De le rendre adorable aux cœurs indifTérens?

Te charges-tu du soin d'établir son empire ?

Ta voix peut-elle plus que les traits qu'il nous tire ?

Sij'aimois Alidor, il devroit son secours

A son propre mérite , et non à tes discours :

Son pouvoir t'est suspect prenant pour lui les armes ;

Et, pensant l'obliger, tu fais tort à ses charmes.

Son humeur seulement a de puissans appas

Et peut plus que ta voix.

FiLICIE.

Et tu ne t'y rends pas ?

En voudrois-tu jurer?

FÉLICIE

Oui , si je te dois croire.

U peut beaucoup sans toi ; n'ôte rien à sa gloire.

FIÉLICIE.

Qu'elle est dissimulée!

no LA CÉLIMENE,

ajjIdou restant.

Ah ! tu sais mon tourment !

Un mot, belle inhumaine , un regard seulement.

FELICIE.

Il rêve, écoutons-le.

ALIDOR

Je pourrois toute chose, Tu ne peux m'échapper; mais quoi que je propose

Je crains peu ce danger.

ALIDOR rê{fant.

Je tremble à ton aspect. , Quoi ! rien à mon amour ? Quoi ! rien à mon respect? Cruelle, ôte-moi donc ta présence fatale. Et ne m'oblige point au tourment de Tantale. Adieu , laisse-moi seul.

Vois combien il me plaît :

Je lui veux obéir, tout endormi qu'il est.

( Elle yeut s^en aller.) ^ FÉLICIE.

attendons son réveil.

G^LIMÈICE.

Pour moi , je me retire , Et tu m'as obligée à beaucoup de martyre. Mais j'aperçois Orante , et quelqu'un qui la suit.

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