ACTE II, SCENE III
PSLIGIB.
Tu le peux rendre tel.
Comment?
FIÉLIGIE.
Par ta pitié.
Paie ce que tu dois à sa chaste amitié : Je le paie à l'amour que son ami me porte; Imite mon humeur,. traite-le de la sorte. Lysis, s'il t'en souvient, n'étoit pas si joyeux Alors que je trouvois son abord ennuyeux ; Ed la plus belle humeur il répandoit des larmes : Mais depuis que l'amour m'a fait rendre les armes, Il ne dît plusyV brûle ^ il ne dit plusye meurs ^ Et nous rions tous deux en nos pires humeurs.
( Apercevant Alidor endormi. )
Mais j'avise Alidor sous ce divin feuillage : Vois comme les ennuis ont changé son visage : Le ciel ferme ses yeux pour arrêter ses pleurs. Et tu ne seras point sensible à ses douleurs ?
( Bamassant le papier qu*Alidor a laissa tomber. )
lis ces vers qu'il t'adresse.
O dieux , cette importune M'imputera toujours ma mauvaise fortune !
FELICIE.
Ecoute : ce A Celùnène.... y^
Achève, j'y consens.
FÉLIGIE.
«L*agréable sujet des ennuis que je sens.» Eh bien ! ai-je raison ?
io8 LA CÉLIMÈNE,
CELIMÈICE.
Lis tôt, OU je te laisse.
FIÊLICIE.
Qu'elle sait bien cacher le tourment qui la presse I
( Elle Ut. )
t< Enfin qu'ordonnez-vous? etc.»
Vois-tu comme ta grâce a touché ses esprits? En composant ces vers le sommeil Ta surpris : Par deux mots ajoutés tu peux flatter sa peine, Et perdre, en le sauvant, le titre d'inhumaine. >.
CJÉLIMEITE.
Écris-les de ta main.
FÉLICIE
La tienne l'a blessé.
Donne donc, j'écrirai.
FELICIE.
Quoi?
GÉLiMÈiTE écrivant.
a Qu'il est insensé , » Qu'il a peu de raison d'aimer ce qui le blesse , » Que mon peu de dessein témoigne sa foiblesse; » Enfin.... y>
FELICIE.
N'achève pas , donne-moi cet écrit.
Bons dieux! on ne peut rien sur ce farouche esprit.
( EUe écrit. ) CÉLIMÈNE.
Qu'y mets-tu?
FELICIE.
Qu'il espère. ,
Espérances frivoles.