SCÈNE V
ALIDOR éyeUlè.
Sommeil, heureux charmeur des ennuis que je sens,
Pourquoi m'as-tu rendu la liberté des sens ?
Hélas! par ta faveur je parlois à ma dame;
A ses yeux inhumains j'ai découvert ma flamme ,
Et quoique sa rigueur étouffât mon espoir,
Je jouissois pourtant du bonheur de la voir.
J'ai , malgré ses efTorts , sa belle main pressée ;
Cet agréable songe a flatté ma pensée :
De ce bien maintenant mes désirs sont privés.
Mais , o dieux ! quelle main a ces vers achevés ?
( Il Ut.)
« Ne finirez- vous point le cours de ma misère? » Bois-je chercher la mort ? — Non , Alidor , espère. » Tome II, B
ii4 LA CÉLIMÈNE.
Pourrois'^je désormais voir le ciel sans mépris
Si la main de ma dame avoit ces mots écrits ?
<c!N^on, Alidor, espère. » O dieux! le dois-J0 croire?
Puis-je sans vanité me donner cette gloire? ■*\
Non, quelqu'un quipassoit, touché de^mon tourment ,
A ces vers achevés par divertissement.
Je ne me flatte point de ce bonheur insigne;
L'oser imaginer , c'est en paroître indigne.
J'espérerai pourtant , et croirai que le sort
Se sert de ce moyen pour divertir ma mort.
UN DU DCUXlÈliE ACTE.