‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 74 sur 428 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CÉLIMÈNE, suivie cTALIDOR, qui V entend

sans se montrer h elle.

CJÉLIMÈNE.

Li'xK est fait , ma raison est lasse

De tenir contre tant de grâce ; Mon courage est trop faible , il ne me peut aider, £t le dieu des amans m'a tiré la plus forte •

De toutes les flèches qu'il porte.

Hé bien , Amour y il fkut céder.

▲LtDOR, h part.

Dieux! est-ce en ma faveur qu^elle tient ce discours? Puis-je , après tant de maux , espérer du secours ?

Çnfintot ou tard ce dieu touche

£t la facile et la farouche :

On peut craindre son mal , on le peut retarder. Mais d^être toujonrs froide et dans l'indifférence ^

C'est une frivole espérance.

Hé bien ^ Aînour , il faut céder.

ii6

LA CELIMENE.

XLijyoR^ a part.

Amant le plus heureux qui soit en l'univers! Ce discours favorable est l'effet de tes vers.

CIÊLIMÈNE.

En vain notre cœur prend les armes

Contre d'inévitables charmes, ^

Il se rend à celui qui le doit posséder ; Et l'orgueilleux qu'il est blâme après sa défaite

La résistance qu'il a faite.

Hé bien , Amour , il faut céder.

Ai^iDOR^ àpart.

Enfin le ciel me rit » mes vœux sont approuvés , Et sa main favorable a mes vers achevés.

CiLIMÈWE.

Toutes nos défaites sont vaines ,

Et tes loix sont si souveraines , Qu'on voit même des dieux forcés de les garder. Il n'est âme si dure et si pleine de glace

Où tes flammes ne trouvent place.

Hé bien, Amour , il faut céder AiiiBOR , t abordant. Abordons-la sans crainte. Obligé désormais A vous offrir des vœux si je le fis jamais , Que je baise à genoux cette main favorable Qui vient de relever l'espoir d'un misérable. Donc ces beaux yeux sont las de me voir soupirer? Donc il m'est ordonné de vivre et d'espérer , Et, comme un doux vainqueur conserve sa conquête', Vous aurez diverti la mort qui m'étoit prête ? Oui , je vis , et j'espère un destin plus humain , Puisqu'il faut obéira cette belle main. •

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