‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 75 sur 428 · ACTE III, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE

Quoi , j'ai tracé ces mots ? la croyance indiscrète ! Voyez comme aisément on croit ce qu'on souhaite. Perdez un peu , monsieur y de cette vanité , Et ne me louez point de tant de charité.

ALIDOR

Voulez-vous plus long-temps prolonger mon supplice ,

Et vous repentez-vous d'un acte de justice ?

Suis-je trop peu discret pour cacher vos bienfaits,

Quand même vous rendriez mes désirs satisfaits ?

Dieux! qu'à se déclarer une fille a de peine !

Vous ne défendez pas qii'on vous nomme inhumaine:

Quand je vous appelois sourde , ingrate et sans yeux ,

C'étoit là vous donner des titres glorieux ;

Vous trouviez des appas en mon sort lamentable ,

Et vous vous ofietisez du titre d'équitable ;

Vous n'osez avouer une bonne action

Que vous avez rendue à mon affection.

' Je n'en puis avouer ni mauvaise ni bonne : Je n'ordonne la vie et ne l'ôte à personne; C'est assez , Alidor , que chacun songe à soi ; • Je ne conserve point ce qui n'est point à moi.

ALIDOR

Mais par la loi d'amour je suis à Célimène.

Elle n'a jamais eu ni d'amour ni de haine. Vous savez mon humeur : je fuis ces passions, Et je suis seulement mes inclinations.

ALIDOB.

Quoi , toujours insensible et spurde à mes prières!

ii8 LA CÉUMENE. •

Toujours ferme et constante en mes humeurs premières.

ALIDOR. * '

Un peu moins qu'autrefois,

GELIMÈKE.

Toujours également.

AlilOOR.

Alidor n'est pas sourd. '*

' \ GELIMÈNE.

Ni moi pareillement.

ALIDOa.

Non, car vous m'entendez* Adieu, vivez heureuse. Soyez impitoyable à ma peine amoureuse, Étouffez tout l'espoir qui me peut secourir ; Je porte à mon côté le moyen de guérir.

(Il sort)

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