‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 3)Chapitre 78 sur 428 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

FLORANTE, sous le nom de floridan;

CÉLIMiNE.

Que Floridan est triste !

FLORIDAN

Et qu'il Test justement!

Âh ! séjour malheureux I

ClÉLIMiNE.

^ O dieux! quel changement!

Ces plaines que tantôt vous avez tant prisées , Et que vous préfériez aux rives élysées, •

Font-elles pas encor leur preitiière beauté? D'oïl vient à votre humeur cette inégalité?

FLORIDAN

Que ce lieu soit charmant , qu'il soit incomparable , Madame , sa beauté m'est peu considérable ; Ce sont des appas morts, sujets au moindre vent, Et qui touchent les yeux sans passer plus avant. Mais j'en trouve

CiLlMÈNE.

Achevez.

FLORIDAN

Hélas! que puis-je dire, Si je n'ose parler et si je le désire ?

laa LA CÉLIMENE,

Et que devez-vous taire où tout vous e&t pemis?

FLORIBAlf,

.Que dirai-je plutôt devant mes ennemis ?

En avez-vous ici ?

FLORIDAN

De puissans , d'indomptables , Et dont les coups mortels me^ont inévitables. J'ai toujours souhaité de vivre en ces déserts ; J'y cherchois du repos, et c'est où je le perds. Je ne puis opposer ni défense, ni larmes , Â la nécessité de mourir de leurs armes.

GÉLIM£1C£.

Qui donc vous peut 3ervir en ce cuisant souci ?

Fl^ORIPAN.

Vous seule.

GELIMÈlfE.

Contre qui?

FLORIDAN

Contre vous seule aussi.

CihlUÈNE,

Parlez plus clairement.

FLORIDAir.

Divin charme des âmes !

Adorable sujet de mes nouvelles flammes!.... Mais faut-il achever? à quoi tant de propos? Hé bien , ce sont vos yeux qui troublent mon repos : Ces divins ennemis attaquent ma pensée , Et leurs premiers regards ont ma raison forcée.

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