ACTE V, SCÈNE IL
Et veux que tous deviez à ma compassion Le fruit que vous aurez de votre afîfection.
(MTontrant la lettre de Fëlicie.)
Voyez ce qu'en deur mots m'ordonne cette belle ,
Et recevez de moi ce que j'ai reçu d'elle :
Allez la voir ce soir, montrez-lui cet écrit,
Dites qu'un prompt eifet a changé mon esprit,
Que je n'estime plus la grâce et son mérite ,
Et que je suis épris des beaux yeux de Charité ;
Qu'elle ressent pour moi de vaines passions ,
Que je vante partout s^s assignations ,
Qu'elle a tort de me croire et de se rien promettre ,
Que moi-même en vos mains j'ai remis cette lettre;
larez-luî que je ris de ses vœux superflus :
Je confesserai têut quand vous aurez dit plus.
lugez après cela si Floridan vous aime ,
Et si vous lui devez une ftveur extrême.
LYSIS
(Après avoir lu.)
Que je lise ces mots. L'infidèle beauté 1 Oui, je vous dois, monsieiu*^ le bien de la clarté, Et j'étok crimind vous traitant de la sorte , 'Puisque vous m'kcmorez d'une amitié si forte. \ Accusez de mon mal un enfant indiscret Qui, conseillant les siens, ignore ce qu'il fait.
FLORIDAN
Eh bien , ai-je aisément réprimé votre audace ? Faii-je pas succéder les vœux à la menace ? Et tous les cavaliers les plus chéris du sort Feroient-ils tant d'effet avec si peu d'efforts ? Adieu , vivez heureux , et vous servez des armes Que je meta en voa mains pour racquérir ses charmes.
i48 LA CÉLIMENE,
LYSIS
Homme le plus courtois d'entre tous les mortels , Si je change son cœur, que je te dois d'autels!
(Il sort.; FLORIDAN seul.
Il reste qu'Alidor, après sa longue peine , M'ait l'obligation de fléchir Célimène ; J'ai fait à cet amant espérer du repos, Et je l'estime fort. Qu'il arrive à propos!