ACTE IV, SCÈNE IV. i
Mais la croyant servir son honneur se hasarde»
CLARIANE.
Oh! le plaisant danger! le met-elle en ta garde?
Quel t'imagînes-tu ce fantôme d'honneur?
La jeunesse ignorante en fait tout son bonheur,
Conserve obstinément cet abus frénétique,
£t tout ce qu'on lui dit pense qu'on le pratique :
Mais par le cours du temps l'amour a sa saison ,
Et lui qui n'a point d'yeux les ouvre à la raison;
Il chasse ces erreurs , et nous fait reconnoître
Que paroître pudique est ce qu'on nomme l'être :
Gouverner avec art son inclination ,
Y ménager le temps avec discrétion ,
Brûler pour un amant et paroître glacée ,
Parler toujours d'un sens contraire à sa pensée ,
Et baiser en secret alors qu'on se peut voir.
C'est avoir de l'honneur ce qu'il en faut avoir.
Parthénie , au besoin , comme une autre est capable
D'obliger un amant à sa grandeur sortable ,
Et recevoir de lui ces amoureux ébats
Que lui doit son époux et ne lui donne pas.
Oblige de ton aide un amant qui l'adore ;
Faisons à son amour la grâce qu'il implore.
Accepte cependant ce présent de sa part.