SCÈNE II
Les mêmes; ROSARAN.
ROSARAN.
Tyraa des volontés , dieu de fer et de flammes ,
Enfant malicieux , petit bourreau des âmes ,
Maître le plus cruel qui respire le jour y
Peste de mon repos , et pour tout dire , Amour l
Quelle soumission , quel devoir , quel hommage y
Quel injuste tribut veux-tu de mon courage ?
Par quel secret pouvoir engages-tu ma foi?
Fais révérer tes lois aux enfans comme toi ;
Ou si mon mal te plaît ^ a^ moins fais«-toL oonn<>itre i
Tu blesses lâchement y» tu frappes sans paroître ;
Tu n'oses éprouver, la valeur d'un mortel ;
Tu te rends invisible, et ton renom est tel !
Plût au ciel d'accorder ma généreuse envie ,
De nous voir main à main disputer de la vie f
Combien je vengerois de malheureux amans,
£t que ta mort plairoit à leurs ressentimens !
FLORISEL
Que sa folie est rare! O rencontre plaisante^
ROSARAN*
Quelqu'un de mes rivaux à mes yeux s^ présente. 0 ciel ! de tant d'amans quel sera le destm , Et qui doit remporter ce précieux ûutin ?
Il le faut aborder; flaltoiui sôb arrogance^ Et tirons du plaisir de «on extravagance. Généreux cavalinr...'
ROSARAI7.
. La* qualité me plaît.
FLORISEL
Vous cherchez Florisel ? ' .
ROSARAN.
Oui; s^is-tu qud il est?
Un aveugle ^ un tyran me demande sa tête ; Et je dois accorder son jnjuste requête*
FLORISEL
Animé de Tardeur dont vou^ êtes épris ^ De vos moindres efforts elle sera le prix.
ROSARAN.
Sans l'aide des enfers à sa défense offerte, Je crois qu'il ne peut pas en éviter la perte.
FLORISEtJ
On dit qu'il est vaillant ; niais vôtre seul aspect Impose aux plus hardis la crainte et le respect*
ROSARAN.
Vaillant? Dieux, le faux bruit! et que la renommée Dune seule étincelle engendre de fumée ! £n nille occasions j'ai vu,, sans vanité, Floristl dépourvu de cette qualité «
FLORISEL
Quoil vous liyez battu?
' ARLANDES , à part.
Que mon âme est ravie t
iwQSARAJf.
Il a de ma pitié tenu ttxA. fois la vie.
Et je l'ai cent fois mis aux termes du devoir^
Où ma compassion me l'a fait recevoir.