‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 11 sur 437 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les mêmes; ROSARAN.

ROSARAN.

Tyraa des volontés , dieu de fer et de flammes ,

Enfant malicieux , petit bourreau des âmes ,

Maître le plus cruel qui respire le jour y

Peste de mon repos , et pour tout dire , Amour l

Quelle soumission , quel devoir , quel hommage y

Quel injuste tribut veux-tu de mon courage ?

Par quel secret pouvoir engages-tu ma foi?

Fais révérer tes lois aux enfans comme toi ;

Ou si mon mal te plaît ^ a^ moins fais«-toL oonn<>itre i

Tu blesses lâchement y» tu frappes sans paroître ;

Tu n'oses éprouver, la valeur d'un mortel ;

Tu te rends invisible, et ton renom est tel !

Plût au ciel d'accorder ma généreuse envie ,

De nous voir main à main disputer de la vie f

Combien je vengerois de malheureux amans,

£t que ta mort plairoit à leurs ressentimens !

FLORISEL

Que sa folie est rare! O rencontre plaisante^

ROSARAN*

Quelqu'un de mes rivaux à mes yeux s^ présente. 0 ciel ! de tant d'amans quel sera le destm , Et qui doit remporter ce précieux ûutin ?

Il le faut aborder; flaltoiui sôb arrogance^ Et tirons du plaisir de «on extravagance. Généreux cavalinr...'

ROSARAI7.

. La* qualité me plaît.

FLORISEL

Vous cherchez Florisel ? ' .

ROSARAN.

Oui; s^is-tu qud il est?

Un aveugle ^ un tyran me demande sa tête ; Et je dois accorder son jnjuste requête*

FLORISEL

Animé de Tardeur dont vou^ êtes épris ^ De vos moindres efforts elle sera le prix.

ROSARAN.

Sans l'aide des enfers à sa défense offerte, Je crois qu'il ne peut pas en éviter la perte.

FLORISEtJ

On dit qu'il est vaillant ; niais vôtre seul aspect Impose aux plus hardis la crainte et le respect*

ROSARAN.

Vaillant? Dieux, le faux bruit! et que la renommée Dune seule étincelle engendre de fumée ! £n nille occasions j'ai vu,, sans vanité, Floristl dépourvu de cette qualité «

FLORISEL

Quoil vous liyez battu?

' ARLANDES , à part.

Que mon âme est ravie t

iwQSARAJf.

Il a de ma pitié tenu ttxA. fois la vie.

Et je l'ai cent fois mis aux termes du devoir^

Où ma compassion me l'a fait recevoir.

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