‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 10 sur 437 · ACTE II, SCÈNE L ai · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE L ai

Qui le poursuit aussi joint la feinte au dësir ;

Il loue, il flatte, il vante, il promet^ il s'engage,

Et parfois réussit avec ce vain langage.

Quelque dupe, aux dépens de son honnêteté,

Lui fait preuve parfois de sa sin^>licité.

Mais qu'elle est abusée , et que la plus divine ,

Lorsqu'elle donne tout, est près de sa ruine!

En deux. mots seulemetit apprends conime je vh : .

Quand un objet est beau, mes yeux en sont ravis,;-

Je me laisse, attirer à de douces amorces.

Et j'ai des passions égales à mes forces.

Mais cette ajrdeur s'éteint., et la seconde nuit

Je songe à mon repos : qui me charmoit nie nuit.

Telle avec qui le soir je parlois de servage.

Et qui me paroissoit dessous un beau visage,

Connoît bien le matin que j'en suis rebuté,

Et le jour me retrouve avec la liberté;

Je trouve des enfers, oîi j'ai vu des délices;

Le lieu de mes plaisirs m'est un lieu de supplices,.

Et tant d'aversion me chasse de ce lieu ,.

Que même bien souvent j'oublie à. dire adieu.

ARLAICJDES.

Cet affront justement afflige Sidonie ; Et sa douleur, hélas! doit bien être infinie, Puisqu'avec un dessein si ferme et si constant Elle poursuit la mort de ce qu'elle aime tant.

FLORISEL

Quoique mes propres jours soient l'objet de sa rage, Je ne la puis haïr, j'estime son courage; L'équité présidoit aux édits qu'elle a faits. Et son ressentiment a de justes effets.

32 AGÉSILAIT DE COLCHOS,

Mais que par cent combats j'ai fait à ses ministres Avoir de leur amour des présages sinistres ! « Que Diane pour eux est un objet fatal , Et qu'au dessein qu'ils ont il leur succède mal ! La Guindaye en rougit, et je remplis ses rives De l'hommage honteux de ses troupes captives. La reine peut dompter l'ennui qu'elle ressent : Pour un seul qu'elle perd elle en rencontre cent.

AKLAlfDES.

< Je ne puis toutefois voir sans b^ucoup de peine

Les dangers continus que vous produit sa haine. Le démon des guerriers n'est pas toujours égal, Et cent combats sont vains quand un succède mal. Vous commejQcez encor après tant de conquêtes; Cette hydre chaque jour a de nouvelles têtes; Et de tant d'ennemis l'un à peine est à bas Que l'autre au même instant se trouvé sur vos pas. Ne vois-je pas encor quelque nouveau 'Typhée Chercher en votre tête un Utile trophée ? O fatale inconstance! un soudain tremblement Olace tous mes esprits.

FLORISEL

Ecoutons seulement.

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