ACTE I, SCENE I. 17g
Pai feint par son conseil, et cette vaine feinte Lui donne cet objet dont mon âme est atteinte ; Elle tend pour l'avoir ses plus charraans appas , Et me vient ciwseiller ce qu'elle ne fait pas. Par de feintes rigueurs j'éloigne Céliandre^ Quand ce perfide esprit donne tout pour le prendre; Lorsque j« le rejette, elle attire sa foi, £t je suis ses avis pour elle contre moi. Au dessein de leur nuire et de me satisfaire. Que me p<ut inspirer une juste colère?
Bannissons tout respect; souffre , timide cœur , Que j'étouffe à ses yeux ce superbe vainqueur! Arrachons de ses bras cet auteur de ma flamme , Qui , malgré ses mépris , est maître de mon âme , Et qui conserve encor dessus ma liberté Le droit le plus puissant de son autorité. Entrons , et sans respect , aux yeux de Dorimène , Prouvons tout ce que peut et l'amour et la haine. Que vas*tu faire , aveugle , en cette extrémité , De joindre à ton malheur encor ta lâcheté? Permets un libre cours au feu dont elle brûle , Et paie ainsi l'erreur de ton esprit crédule. Enfin que résoudrai-je , et quel heureux avis Dégagera mes sens sous ses lois asservis?
(Usante Técoute. )
Ma mort fînira-t-elle une douleur si forte ?
i8o CLORINDE,