‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 132 sur 437 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

CLORIIfDE.

Vous blâmez justement ce qui vous fait mourir; Et ToD déprise ainsi ce qu'on veut acquérir.

DORiHàNE, riant.

Que sa possession m'est un bien sQuhaitable !

Ses refus produiront ma perte indubitable :

Ses yeux ont des attraits plus forts que ses rigueurs ,

Et ce fatal aimant attire tous les cœurs.

CLORINDE

Ce discours est TefTet

De l'ardeur insensée Qu'on remarque

DORIMÈlfE.

Ajoutez dedans votre pensée ; Car s'il est une ardeur égale à votre amour, Je veux

Achevez donc.

CLORtTfDE.

Je veux perdre le jour.

Vous me cachez en vain cette indiscrèle flamme, Et le feu de ce front montre celui de Tâme.

DORlMÈlfE.

Combien je vous plairois par cette affection ! Vous auriez un exemple à votre élection; Et par mon jugement vous croiriez qu'elle est bonne , Car Céliandre encor n'auroit blessé personne. Mais si vous désirez publier ses attraits Cherchez une autre preuve au pouvoir de leurs traits.

igô CLORINDE,

Il me peut bien, madame, apporter du remède

S'il arrive qu'un jour je réclame son aide ;

Je trouve ses attraits moindres que ses défauts.

Pouvez- vous témoigner des sentimens si faux?

DORIHÈITE.

Et ne pouvez-vous pas m'estimer assez vaine Pour jouer Céliandre et rire de sa peine ? C'est mon intention; et puis votre intérêt Me feroit renoncer à tout ce qui me plaît.

CLORINBE.

Enfin je te veus: croire, et sur cette assurance J'efface en ta faveur ma première croyance ; Mais l'estimant si peu, souffre que ce discours Qui ne peut t'importer fasse pour mon secours; Permets que cet amant sache notre querelle : Lisante s'offrira d'en porter la nouvelle ; Elle l'avertira des mépris que tu fais Du plus parfait objet que je connus jamais; Il saura mon amour et ton indifTérence , Ton peu d'intention et ma persévérance ; Et Lisante fera , par ce peu d'entretien , Beaucoup pour mon repos, et rien contre le tien.

DORIMÈITE.

Non plus que son amour je ne veux point sa haine , Qui peut-être à ton bien seroit encore vaine : Il faut qu'à la froideur quelque respect soit joint, Et l'on n'offense pas tout ce qu'on n'aime point* Quand je t'ouvre mon cœur.....

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