‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 166 sur 437 · LE SERVITEUR · texte numérisé non relu

LE SERVITEUR

Arrêtez î Quelle animosité Abandonne vos jours à cette extrémité ?

DORiMiNEfà Pob'dor.

Insensé ! quelle rage à mon malheur t'obstine,

Et me fait malgré moi cause de ta ruine?

Crois*tu par ta victoire exciter ma pitié,

Et d'un sujet de pleurs tirer mon amitié ?'

Quel fruit espères-tu de mon. malheur extrême ?

Ne dois-je point des vœux à qui défend qu'on m'aime?

246 CLORINDE

Ne chérirai-je point le meurtrier d'un amant

D'oïl dépendent ma peine et mon contentement?

Souffre la passion dont son âme est atteinte ,

£t si tu dois te plaindre, adresse-moi ta plainte.

Il se rend sans dessein à ces foibles attraits,

Et tu h veux punir du mal que je lui fais?

Toi seul peux m'honorer d*une amour légitime ?

Qui me chérit t'offense, et,m'aimer est un crime?

Acquiers un juste droit sur les autres amans;

Effa.ce par tes soins leurs plus doux omemens ^

Et lors si de tes vœux mon coeur peut se défendre ^

Plains-toi de Dorimène, et non de Céliandre;

Souffre ses passions, laisse agir ses désirs.

Et ne divertis point nos innocens plaisirs^

CÉLIANDRE.

O dieux! comme l'amour a troublé sa pensée |, Et que je fais souffrir cette fille insensée !.

DORIMÈNE

Et toi, divin auteur des ennuis que je sens^ . Où vas-tu signaler ces charmes innocens? • Tu vas chercher ailleurs la gloire et les conquêtes^ Et ton mérite ici t'en laisse tant de prêtes ! Crains le triste succès d'un combat hasardeux; Combats pour ton repos., triomphe de mes vœux ^ Et sur le faux rapport d'une injuste rivale Ne fonde point. la crainte à mon désir fatale^ J'ai toujours CBtimé ces rares qualités Qui te rendent vainqueur de tant de libertés; • Et tes mépris , fondés sur de fausses croyances ^ Ont trop ingratement choqué mes espérances ; Tu pris légèrement des sentimens si feux :

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