‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 167 sur 437 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

< ('doit à ces rudes assauts,

.itr in'alloit être ravie, •Il ireiit conservé ma vie.

CJÉLIA.NDRE.

lour est puissant! que cette passion ^ Il ilcbile esprit fait d'altération!

CLARIMONB»

Dieux! le doux passe-temps!

DOIII|IÈIf£.

Cruel , tu délibères Si tu dois prononcer la fin de mes misères? Est-ce que mon dessein t'est encore suspect , Que ta crainte à ta flamme oppose ton respect , Que, sur la fausseté du rapport de Lisante, Tu juges Dorimène encore iodifférente ?

Non, non, ne doute plus du pouvoir de tes traits; On ne peut résister à tes moindres attraits: Tu ne m'appelleras ingrate ni cruelle; le rends à ton amoar une ardeur mutuelle; Nos désirs sont égaux, comme notre souci; Si je te fais des lois, tu m'en donnes aussi.

céliaudre, a pari.

Sa peine m'est sensible ei je plains sa folie , Puisque je suis auteur de sa mélancolie ; Mais si je ne puis même, en l'état oii je suis, Apporter du remède à mes propres ennuis , Que peut-elle espérer de sa poursuite varne Qui lui rendit long-temps ma froideur incertaine, Et qui lui fait encore , après tant de mépris Croire que de ses vœux mon cœur sera le prix?

a48 CLORINDE,

(A Dorîmine.)

Je jure par ïebjet dont mon ârae est charmée^ Clorinde que je quitte, et que j'ai tant aimée, Par cet enfant si vieux qui régit les mortels, Et qui me veut bannir âe ses sacrés autels , Et par ce trait fatal dont il vous a blessée , Que jamais vo>s beautés n'ont touché ma pensée: Vous ne pouvez vanter mon inclination Sans beaucoup de folie ou sans présomption : Je ne ravale point votre ihérite extrême : J'estime Pôlidor, j'approuve qu'il vous aime; Mais imaginez-vous vos attraits si charmans Que de tous les mortels vous fassiez des amans? Pensez-vous me causer un sensible martyre , Et que ce ne soit qu'un que d'aimer et le dire ? Je rjepais tous les cœurs de celte vanité , Et n'aime toutefois qu'une seule beauté»

D G R I M È w E , lui montrant la lettre.

Donc qui t'a fait , cruel , pour accroître ma peine, Joindre la raillerie et l'outrage à la haine? .. Consulte ce papier; peux-tu, barbare esprit. Sans démentir ta maia, démentir cet écrit? O rage, d désespoir! un perfide me joue,. Et ce qu'écrit sa main sa voix le désavoue I Fier tyran de mes jours , aifteur de mon trépas , Cette lettre t'accuse , et tu ne rougis pas ?

CEtlANDRE.

Il est vrai que ma main a ces lignes tracées Et qu'ici mon dessein découvre mes pensées; Mais la lettre s'adresse à cet objet charmant Que depuis tant de mois je sers ingratement :

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