‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 17 sur 437 · DUNE · texte numérisé non relu

DUNE

Que n'obtiendrez- vous pas avec tant d'éloquence I Je commençois déjà de craindre votre absence. Chaque moment vous peint plus charmante à mes yeux; Ma mère par dessein ne pourroit choisir mieux ^ ' Et je n'obtiendrai pas une faveur légère Si son consentement accorde ma prière : Mais, ma fille , en deux mots tirez-moi de souci : Quel est votre pays, et qui vous mène ici?

DARAÎDE.

La Crète est le séjour où j'ai pris la naissance: Là, j'appris à chanter dès ma plus tendre enfance; Cet unique exercice occupoit mon loisir, Sinon utilement, du moins avec plaisir:

Demeurant libre enfin par la mort de mon père, £t sachant à quel point le siècle vous révère, Que vous éternisez la gloire de ces lieux , Et qu'on dit plus de vous qu'on ne dit pas des dieux; Cette voix que l'usage et le ciel m'ont donnée, Par un secret instinct s'est pour vous destinée ; l'ai forcé tout respect de parens et d'amis , Et, les quittant, mes biens en leur garde commis, Avecque peu d'espoir , mais un désir extrême De vous voir accepter mon service et moi-même. Ciel, tu sais, si je mens! Sois témoin de l'ardeur Qui me fait pour esclave offrir à sa grandeur. Mon nom est Daraïde.

AROÉNIE.

Il faut qu'elle soit vôtre, Et que votre amitié la préfère' à toute autre. ^Gs charmes infinis par des efforts secrets'

ToM£ IIL 3

34 AGESILAN DE COLCHOS,

Me font être de part dedans ses intérêts. Ne délibérez point.

DIANE. '

Par quelle tyraiinie Me voulez-vous ravir , ô ma chère Ardénie , Le pouvoir de montrer un peu de jugcjment En l'acquisition d^un objet si charmant? Votre peur n'est pas tant que je rie la re^pivc, Comme votre désir est que je vous Ja doive. Oui, vivez parmi nous; seule je vous reçois, Et veux, pour mon honneur, ne vous devoir qu'à moi. Aimez-moi seulement; j'obtiendrai de la reine L'aveu que je désire, avec fort peu de peine.

jyjLKiNETuy àpart.

Tout rit et tout succède à notre amant transi.

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