‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 16 sur 437 · ACTE II, SCÈNE IV. 3r · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV. 3r

daraIde , chantant.

S'il n'eftt été privé de l'usage des yeux,

EUe eût eu la fetale pomme Qui fit tomber les murs bâtis des mains des dieux , Pour l'amour d'une femme et le crime d'un homme-.

DIANK.

Jamais de si douce harmonie

Mes sens ne furent enchantés.

Outre la voix , sa grâce est infinie , Et son visage a d'extrêmes beautés :

Elle a des qualités à charmer tous les sens.

Un mot, belle étrangère; attendez, je descends.

DARIXEL.

Que désirez-vous plusV elle vient elle-même.

DARAIDE.

O mon cher Darinel , en ce bonheur extrême Je demeure interdit, immobile, confus, Et je ne sais que craindre ou souhaiter de plus. Epargne^^noi l'affront de rester sans parole : 'Fuyons , n'attendons point.

DARINEL

O la crainte frivole!

Aimant bien, vous doutez de pouvoir cajoler! Ce seul habit suffit à vous faire parler. Si son portrait, au reste, a d'agréables charmes. Que n'allez-vous point voir! Que je prévois de larmes! Que d'adorations et que de vains regrets Vous vont coûter ses yeux pourvus de tant d'attrait'S ! Celui qui la peignit en fit de fausses traces, Et n'a pas imité la moindre de ses grâces. J entends du bruit; c'est elle.

3a AGÉSILAN DE COLCHOS,

JDA.RAÏDE.

O dieux ! <)u'à cet aspect , J'éprouve ce que peut la crainte et le respect!

SeÈNE V.

Les m£hes; DIANE, ARÛÉNIE.

DIANE

Quelle heureuse aventure, agréable merveille,

Vient de me faire ouïr votre voix sans pareille ? *

Sachant à qui je dois un passe-temps si doux,

Quel état justement ne ferai-je de vous?

Et de quelle faveur ne suis -je redevable

A qui m'a fait jouir d'un bien si délectable?

DARAÎDE.

Mais quelle voix plutôt, et fût-elle d'un dieu.

Peut nrériter l'honneur qui m'arrive en te lieu?

Pour acheter un mot d'un bouche si rare,

Que peutron posséder dont on pût être avare ?

Si contre la nature on murmura jamais,

C'est aujourd'hui , madame , et c'est moi qui le fais.

Plût au ciel sussiez-vous avec' combien d'envie

J'oseroîs vous offrir mon service et ma vie ,

Si l'avare qu'elle est m'avoit fait mériter

Ce qu'elle a bien osé me faire souhaiter!

Mais peut-on es|)érer cette faveur insigne

A moins que dé vous plaire et que d'en être digne?

ARDENiE, a DianeJ Certes, vous ne pouvez £»ire un plus juste choix; Et son esprit est rare, encorplus sa voix.

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