ACTE I, SCÈNE III
J'obéis toutefois : je m'éloignois de vous ,
Chassé par un sommeil si profond et si doux ,
Quand mon nom , proféré par votre belle bouche ,
M'a fait plus immobile et plus froid qu'une souche.
Malheureux^ ai-^je dit, j'ai rompu son repos.
Lors vous avez ^ madame , ajouté ces propos.:
Quand seront notre attente et nos peines finies?
Quant seront^ Dionis^ nos deux âmes unies?
Tu plais seul à mes yeux , mon cœur est adouci y
Je connois ton amour , et je la sens aussi.
Réponds à mes discours ; tant de respect m'offense ;
Prouve^moi ton ardeur par ta réjouissance :
Je souffrirai, mon cœur, ces innocens plaisirs
Que je ne peux défendre à tes chastes désirs :
Mais qu'étoient ces propos, que d'aimables mensonges?
Je revois, Dionis , et tous songes sont songes.