‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 180 sur 437 · ACTE I, SCENE IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IL

Qui lui doit succéder d'un œil d'indifférence? Tu ne réputes pas ton destin bienheureux? 1 I^ve les yeux ) au moins , et réponds^moi par eux.

DIOlfIS.

0 favorable songe!

BORISE.

Il est à votre gloire:

Vous devez puissamment occuper sa mémoire ; Autrement le sommeil ne lui fourniroit pas Vu portrait si puissant de vos rares appas.

0 dieux! quel changement arrive à ma fortune!

Dionis est le sourd, et je suis Timportune.

) etois sourde jadis quand tu me demandois ,

Et tu Tes maintenant pour ce que tu me dois.

Dionis, mon souci, quoi! rien à ma prière?

Ta voix n'a-t-elle plus sa douceur coutumière?

Ton unique dessein fut-il de m'émouvoir,

Et te contentes-tu d'avoir eu ce pouvoir?

Helas ! parler à moi c'est parler à toi-même ,

Et tu n'en peux douter si tu crois que je t'aime.

La contrainte est honteuse , et c'est un vain tourment

A ceux en qui l'amour préside également :

Ce dieu ne défend rien de toutes les pensées

Où les honnêtes mœurs ne sont point offensées ;

Et je ne défends [loint tout ce qui t'est permis

Par ce dieu si propice et doux à ses amis.

DIONIS

Que puis-je après ces mots entendre qui me plaise? Tous mes sens sont ravis d'étonnement et d'aise* Mais, lasl dois-je espérer?.

A'MLÉhiiR j ^ignant de s*é9eillef.

O dieux! qui parle ici?

Quoi ! c'est vous , Dionis ? On me respecte ainsi ? *

Dioiriâ.

Ne me souffrez jamais , si vous croyez , madame , Que ma discrétion soit moindre que ma flamme. Je tremble , je pâlis, à votre seul aspect, Et je perdrai le jour plutôt que le respect. J'allois parmi ces fleurs égarer mes pensées, Voyant sur vos beaux yeux leurs paupières baissées. Mais.....

▲MJÉLIE.

Quoi maïs?

Dioiris.

Je me tais, car je n'ose espérer Que le bien de vous voir et de vous adorer»

AMIÉLIE.

Achevez, je le veux.

DIONIS

Dorise.....

AMELIE.

Tfon, vous-même.

DIONIS

Mais vous m^a<icuserez d'une impudence extrême. Vous parliez en rêvant , vous flattiez mon souci , Et je n espère plus que vous parliez ainsi.

AMJÉLIE.

Qu'ai-je dit ? achevez.

DIONIS

Ce mot est sans défense "y Mais vous me blâmerez de mon obéissance.

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