ACTE I, SCENE IL
Qui lui doit succéder d'un œil d'indifférence? Tu ne réputes pas ton destin bienheureux? 1 I^ve les yeux ) au moins , et réponds^moi par eux.
DIOlfIS.
0 favorable songe!
BORISE.
Il est à votre gloire:
Vous devez puissamment occuper sa mémoire ; Autrement le sommeil ne lui fourniroit pas Vu portrait si puissant de vos rares appas.
0 dieux! quel changement arrive à ma fortune!
Dionis est le sourd, et je suis Timportune.
) etois sourde jadis quand tu me demandois ,
Et tu Tes maintenant pour ce que tu me dois.
Dionis, mon souci, quoi! rien à ma prière?
Ta voix n'a-t-elle plus sa douceur coutumière?
Ton unique dessein fut-il de m'émouvoir,
Et te contentes-tu d'avoir eu ce pouvoir?
Helas ! parler à moi c'est parler à toi-même ,
Et tu n'en peux douter si tu crois que je t'aime.
La contrainte est honteuse , et c'est un vain tourment
A ceux en qui l'amour préside également :
Ce dieu ne défend rien de toutes les pensées
Où les honnêtes mœurs ne sont point offensées ;
Et je ne défends [loint tout ce qui t'est permis
Par ce dieu si propice et doux à ses amis.
DIONIS
Que puis-je après ces mots entendre qui me plaise? Tous mes sens sont ravis d'étonnement et d'aise* Mais, lasl dois-je espérer?.
A'MLÉhiiR j ^ignant de s*é9eillef.
O dieux! qui parle ici?
Quoi ! c'est vous , Dionis ? On me respecte ainsi ? *
Dioiriâ.
Ne me souffrez jamais , si vous croyez , madame , Que ma discrétion soit moindre que ma flamme. Je tremble , je pâlis, à votre seul aspect, Et je perdrai le jour plutôt que le respect. J'allois parmi ces fleurs égarer mes pensées, Voyant sur vos beaux yeux leurs paupières baissées. Mais.....
▲MJÉLIE.
Quoi maïs?
Dioiris.
Je me tais, car je n'ose espérer Que le bien de vous voir et de vous adorer»
AMIÉLIE.
Achevez, je le veux.
DIONIS
Dorise.....
AMELIE.
Tfon, vous-même.
DIONIS
Mais vous m^a<icuserez d'une impudence extrême. Vous parliez en rêvant , vous flattiez mon souci , Et je n espère plus que vous parliez ainsi.
AMJÉLIE.
Qu'ai-je dit ? achevez.
DIONIS
Ce mot est sans défense "y Mais vous me blâmerez de mon obéissance.