‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 189 sur 437 · LE PÈRE · texte numérisé non relu

LE PÈRE

Le temps peut tout changer ; son enfance indiscrète Ne sait ce qu'elle craint ni ce qu'elle souhaite : La force en obtiendra le bonheur que je veux , Ou mon autorité gouvernera ses vœux.

Adieu, ne craignez rien, et dessus ma promesse Espérez du remède à l'ardeur qui vous presse.

(Le Père, Ëraste et Amëlie sortent.) DIONIS.

0 rigoureux arrêt qui me comble d'ennuis ! Que faut-il que j'espère en l'état où je suis ? Tous mes soins sont trahis, et son humeur avare Dispose aveuglément d'une beauté si rare : Le vain éclat de l'or a ses yeux éblouis. Et lui dictoit les mots que nous avons ouïs.

LISIDAN.

Eprouvez la fortune ou propice ou cruelle. C'est tout si vous plaisez aux yeux de cette belle : Etant bien en son cœur votre sort est heureux , Et Tor n'éblouit point un esprit amoureux. Le ciel avec dessein a vos âmes unies ; 'ai souffert pour sa sœur des peines infinies , Et j'ai désespéré de fléchir ses parens , Lorsqu'elle m'a fait voir des yeux indifférens ; Mais depuis l'heureux jour que son âme touchée M'a découvert l'ardeur qu'elle tenoit cachée , J'étouffe mes soupirs , j'ai toujours espéré, Et sa possession m'est un bien assuré.

DiONIS.

Que ne m'est-il permis de parler de la sorte ? Que je serois content ! Mais on ouvre la porte. C'est elle, abordons-la.

a86 AMÉLIE,

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