‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 190 sur 437 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les mêmes; AMELIE..

DioNis, à Amélie*

Si proche dû trépas , Qu'il ne me reste plus qu'un moment et qu'un pas, Je viens offrir encor cet instant de ma vie , A l'aimable beauté qui la tient asservie ; Je viens pour souhaiter, en ce dernier moment, A vos chastes amours leur accomplissement. Acceptez mon rival, donnez à sa fortune L'honneur de respirer sous une loi commune ; Riez avecque lui des maux que j'ai soufferts , Dédaignez mon hommage et méprisez mes fers; Rendez le premier teint à son visage blême, Accordez toute chose à son amour extrême : Je meurs avec plaisir; et mon sort rigoureux Ne m'est point importun si le vôtre est heureux. Par de si beaux ennuis mon âme est combattue , Que même en la rendant je bénis qui me tue; Je ne déteste point mon malheur apparent , Et je ne pousse point de soupirs en mourant.

AMl^LIE.

D'oïl viendra, Dionis , une mort si soudaine? Votre teint est si bon et yotre voix si saine! J'ignore de vos maux la naissance et le cours , Et je peux toutefois répondre de vos jours.

DIONIS

Il est encore aisé de conserver ma vie,

Le bien de ma santé dépend de votre envie;

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