ACTE II, SCÈNE VIII. agi
Qu'elle a mis en mon cœur une flamme immortelle; Rien ne peut m'empêcher d'aimer votre beauté, Et je ne puis forcer cette nécessité,
AM^LiE^ à part.
Enfin c'est trop cacher une ardeur si pressante; Et je dois de l'espoir à sa flamme innocente.
(Haat.)
Espère, mon souci, ta peine aura son prix, Et mes yeux , les auteurs de ta prise , sont pris. J'ai sondé ton esprit; j'aime ce que j'y treuve. Et cette affection t'est une heureuse preuve; Je te préfère à tout; viens demain en ce lieu En savoir davantage, et sois discret. Adieu.
CElksort.)
DIGNES, seul.
Honorez-moi d'un mot et d'un moment encore ; Que je baise vos pas, et que je vous adore. 0 discours favorable ! ô trop heureux amant! Est-il rien de pareil à ton contentement ?
' SCÈNE VIIL
LISIDAN, DIONIS.
1jISii>jlv j prenant congé dÉrante*
( A Dionis.)
Adieu; demain sans faute. O dieux! que ta maîtresse Na-t-elle autant de part en Tardeur qui te presse? Qu'on porteroit d*envie à ta prospérité ! Et quarante a pour moi d'amour et de bonté !
DioiTia.
Parlez-vous de bon sens ?
2ga AMÉLIE,
LISIDAir.
Oui, si j'en suis capable, Et si l'on peut trouver un amant raisonnable.
Dioiris.
Elle vous aime encor?
LISIDAir.
Je n'en saurois douter; Elle m'en assuroit au point de la quitter : Elle estimoit la loi sous qui l'amour nous range, Et je tiens son esprit incapable du change. Mais quel sujet vous porte à m'enquêter ainsi, Et tenir' pour suspect son amoureux, souci?
Dioiris, lui remettant une lettre.
Voyez bien le sujet.
LisioAir, après açoir lu.
Ai- je des yeux fidèles , Et dois-je soupçonner ce miracle des belles? Quoi! l'arrêt de ma mort est signé de sa main! O disgrâce! ô rigueur de mon sort inhumain! Eh bien I possède-la cette belle inconstante , Arrache-moi mon bien, réponds à son attente; Tu ne souhaitois pas cette inclination.
Ton mérite est contraire à ton intention : Je ne lui donne point le titre d'inhumaine, Je ne murmure point, mes défauts ont leur peine: Et le ciel m'eût pourvu de belles qualités S'il eût formé pour moi de si rares beautés.
Dioiris.
Ne cherchez point d'excuse à cet esprit volage ; Blâmez de votre mal son humeur et son âge ,