‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 192 sur 437 · AMÉLIE, DIONIS · texte numérisé non relu

AMÉLIE, DIONIS

AMELIE.

Quoi ! VOUS vivez encore ?

DiOîris>

Il est vrai que la vie, Quand vous m'avez quitté , devait m'étre ravie : Mais j'ai Tàme arrêtée en des liens si forts, Que malgré mon dessein elle anime ce corps.

AHIÊLIE.

Dieux! que j'avais de crainte , et que ma sœur m'en donnel Mon père est au jardin qui n'a mandé personne : Que vous a-t-elle dit?

DIONIS

Kien.

Je veux tout savoir > Si mon respect sur vous obtient quelque pouvoir.

DIONIS

Je n'ai rien entendu.

AMIÊLIE.

Me taisant quelque chose, Vous ruinez un bien où mon cœur se dispose. }'ai déjà trop prié.

Dioiris.

J'en reçois cet écrit; Voyez combien vos vœux peuvent sur mon esprit. Tome III, 19

ago AMÉLIE,

AMELIE , après avoir lu.

C'est là bien clairement vous ouvrir sa pensée : Vous la devez guérir si vous l'avez blessée; Elle a des qualités dignes de vos désirs , Et je n'ai point dessein d'empêcher ses plaisirs.

DIONIS

Il vous est bien aisé de parler de la sorte ;

Mais pour moi qui vous voue une amitié si forte,

Qui sais ce que je dois à des charmes si doux ,

Qui ne suis ici*bas qu'à dessein d'être à vous,

On ne me verra point , sans un effort étrange ,

Porter mes volontés à la honte du change;

Le ciel m'auroit ôté mon premier sentiment,

Je n'aurois plus de moi que le nom seulement,

Et vous auriez perdu ces adorables charmes

Et ces rares vertus à qui tout rend les armes.

Si vous sentiez les coups de ces astres vainqueurs,

Ou si comme les dieux vous lisiez dans les cœurs,

Vous verriez clairement la véritable peine

Qui peut-être à vos yeux est encore incertaine ;

lis donneroient des pleurs à mon cruel tourment;

Vous n'y pourriez songer qu'avec étonnement.

Je sais la qualité de l'objet où j'aspire ,

Et cette connoissance augmente mon martyre;

Je ne possède rien que l'on puisse estimer,

Le ciel m'a dénié tout ce qui fait aimer,

Il ne m'a jamais vu que d'un œil de colère ,

L'Amour est nu chez moi comme au sein de sa mère,

Et je n'ose parler de mon affection

Quand je porte les yeux sur ma condition :

Je relève pourtant d'une puissance telle,

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