Tome III. ao
3o6 AMÉLIE,
LTSIDAir.
Qu^une autre soit jamais Tobjet de mon souci ! Me pouvez-vous connoître et me parler ainsi? Perdez ce sentiment.
AMIÉLIE.
De qui donc se plaint-elle?
LISIDÂir.
De ce parfait ami qui plaît à cette belle.
Je sais tout , c'est assez. Eh quoi ! tant d'amitié
Ne peut, cher Dionis, attirer ta pitié,
Ton cœur ne se rend pas à la bonté d'Érante,
Et je t'ai vu souffrir mon humeur arrogante?
Tu refuses des^vœux à son humilité,
Et jadis mes dédains ne t'ont point rebuté?
Ne dois-tu rien , cruel , à sa mélancolie ?
DIONIS
Non , puisque je dois tout aux beautés d'Amélie.
Si tu dois aux attraits, tu lui dois plus qu'à moi. Crois-tu qu'elle en ait moins?
DIONIS
, Oui , si je m'y connois.
Jugez-nous, Lisidan.
DIOIVIS.
Que l'amant soit l'arbitre :
Désirer accorder et l'un et l'autre titre , C'est vouloir l'impossible.