‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 208 sur 437 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

BIONIS.

Forcez donc avec moi , ma lumière , ma vie , Tout ce qui fait languir notre amoureuse envie , Et, par un prompt départ, dégageant votre foi • D une sévère , injuste et tyrannique loi , .

Délivrons ce vainqueur à qui tout rend hommage De la nécessité d'un inique servage.

Tirons pour notre bien notre maître des fers, Il finira les maux , que nous avons soufTerts ; En Tétat d'obéir, oïl vous êtes réduite, La gloire du combat dépend de votre fuite.

AMELIE.

Oui, mon affection consent à ce départ;

Tattendois , cher amant , ce conseil de ta part.

Demain, sans différer, aussitôt que Taurore

Fera voir ses rayons sur le rivage maure.

Forçons notre malheur, partons secrètement,

Et souffrons avec nous Lisidan seulement ;

Qu'il serve de témoin à nos pudiques flammes, .

Qu'il assiste oii Thymen conjoindra nos dei^x âmes,

Et qu'il témoigne un jour que nos chastes 4^sirs .

Se seront dispensés à d'honnêtes plaisirs.

La maison d'un paysan, ùhre de ma nourrice,

Est offerte à propos à notre doux caprice;

Nous y vivrons sans crainte, attendant l'heureux jour

Qu un avis de sa part nous parle du retour.

N'es-tu pas résolu ?

Dioiris.

Plus que n'est à sa grâce

L'esprit d'un criminel dont on bande la face ,

Qui reçoit un pardon qu'il n'imaginoit pas.

Et qui voyoit déjà la porte du trépas.

'ii6 -AMÉLIE,

AMÉLfE.

L'effet de ce dessein me plaira davantage ; ' Allons nous disposer à cet heureux voyage. Adieu , riiais sois discret si tu veux ra'obliger, Et surtout que ma sœur n'en puisse rien juger.

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