‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 21 sur 437 · LE PAGE · texte numérisé non relu

LE PAGE

le n'ai rien entendu.

SIDONIE

(Le page sort.)

i Qu'il vienne. Enfin, ma rage,

Enfin on t'a servie, on accomplit tes vœux,

Et l'on apporte ici la tête que tu veux :

On t'a sacrifié cet amant infidèle.

O sensible douleur! ô vengeance cruelle!

O détestable effet d'un amour enragé!

Qu'à tel qui se plaignoit il nuit d'être vengé!

Plutôt que de passer à cet .effort extrême ,

Que n'oubliois-je , hélas! mon honneur et moi-même!

Quel repos , quel honneur et quel bien m'est rendu ,

Et que me revient-il de ce qu'il a perdu?

Quel effet vont avoir les traits- qui m'enflammèrent,

Et quels me paroîtront les yeux qui me charmèrent ?

Je verrai des œillets que la mort a déteints,

Des lis ensanglantés et des soleils éteints*

Un oubli fut son crime , une mort est sa peine ;

Il ne fut qu'inconstant, et je fus inhumaine;

Il cesse de m'aimer, et moi je l'ai haï ;

Il ne m'a que laissée , et moi je l'ai trahi.

(A Ard^nie.)

Détournez de mes yeux ce funeste spectacle; A sa venue, hélas! mettez un prompt obstacle: A. ceux qu'on a vengés comme ils ont souhaité , Vouloir voir leur vengeance est une cruauté.

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