‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 22 sur 437 · ACTE II, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIII

(Retenant Ard^ie.)

Mais, simple, cette mort est encore incertaine; £ile peut être fausse, et ta plainte être vaine; Outre que je ne puis, sans trop d'aveuglement, Envier cette gloire à mon ressentiment.

Ton amour tâche en vain à déguiser son crime ; Ton regret est honteux , ta plainte illégitime. Après un tel afTront, qui plaint son suborneur Une seconde fois offense son honneur.

Pressez, pressez, plutôt qu'empêcher sa venue; Mon honneur outragé demande cette vue ; Celui ne hait pas bien qui pleure un ennemâ , Et qui ne le voit mort n est vengé qu'à demi.

(Elle l'arrête encore.)

Attendez , Ardénie ; hélas ! en cette peine , Qui le doit emporter, ou l'amour ou la haine? Je souhaite et je crains d'apprendre son trépas ; . Je tremble et suis de feu, je veux et ne veux pas; Je demande sa mort et désire sa vie.

Et ne sais sur laquelle arrêter mon envie; Toutes deux sur mon cœur font un égale effort. Mais il vient , et je meurs. Florisel est-il mort ?

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