‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 211 sur 437 · ACTE 111, SCÈNE VL 5i · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCÈNE VL 5i

Vous me verriez pour vous brûler de feux égaux, Si vos yeux les premiers avoîent causé mes maux : Mais la nécessité d'adorer Amélie Avoit mis en ses mains le beau nœud qui me lie. Charmante et chère sœur, obligez deux amans Dont vous tenez en main Tespoir et les tourmens.

Ainsi jamais amour ne te soit importune, Et le ciel à tes vœux égale ta fortune.

JURANTE, à Dionis.

Dieux! que je suis sensible aux traits de la pitié ^

Et que je vous chéris d'une aveugle amitié!

Partez , vivez contens , je force ma colère ,

Et mon ressentiment cède à votre prière ;

Mais vous aurez , monsieur, moins de présomption

Que de vanter jamais mon inclination.

Lisidan m'a vu feindre avec fort peu de crainte;

Il sait quelle raison m'ordonnoit cette feinte.

LISIPAN.

Je n'en suis pas trop sûr , et vous feignez si bien Qu'il m'étoit malaisé de n'appréhender rien , le crois qu'à mon sujet vous souffrez peu de chose; Vous ne mourrez jamais du mal que je vous cause.

ERAITTE.

Tu te pourrois passer d'irriter inon amour; Tu sais que ton objet m'est plus cher que le jour \ Mais, pour t'en faire voir un dernier témoignage, Je veux suivre tes pas j'entreprends le voyage ; M'y souffrirez«^vous pas ?

3i4 AMÉLIE,

Avec plus de plaisir Que Tamour n'en prépare à ton chaste désir.

DlOSflS.

Dieux! Theureux changement!

Page 1