DI017IS
Evite, lâche, évite La force de ce bras par une prompte fuite ; Autrement.....
LE VALET
Répondez.
Bioiris.
Est-ce assez consulter?
EMILE
En rhumeur où je suis , rien ne peut m'irriter. 0 dieux! que promptement ma fureur est calmée, Et qu'une bonté grande a ma main désarmée!
LE VALET
Qu'on va donner de gloire à nos gestes guerriers! Nous allons succomber sous le faix des lauriers.
( Emile et le valet sortent. )
Bioiris, en riant.
Peut-on priser assez ma valeur sans seconde ? J'ai fait trembler la gloire et la terreur du monde : Par deux mots de menace et deux mauvais regards J'ai rempli de frayeur le sein même de Mars. Dieux! quelle extravagance a son âme saisie, Et qui peut rire assez de cette frénésie? Il repaît son esprit d'imaginations Qui lui font estimer toutes ses actions; . Il va nommer partout sa force incomparable , £t se glorifier d'un exploit mémorable,
Ce passe-temps est doux : mais il est tard , adieu ; Et demain, du matin, soyons tous en ce lieu :
3ao AMÉLIE,
Alors qu'il t^doroit ont tant coûte de larmes. Helas ! je vois le jour et ses jours sont ravis Je suis quand il n'est plus , il est mort et je vis« Quel destin m'a sauvée , et quelle ingratitude A prolongé ma vie et mon inquiétude?
Que ne fut son malheur suivi de mon dessein? Quand Tonde me TofFroit elle m'offroit son sein; Et, si j^eusse voulu, cette aveugle meurtrière, En me le ravissant m'eût ravi la lumière. Ah! que depuis ce jour j'ai détesté mon sort! Que j'ai senti de morts pour la peur d'une mort!