SCÈNE V
Les mêmes; ÉRÂSTE.
ERASTE
J'ai gagné son esprit ; '
Il s'accorde à vos vœux : consultez cet écrit.
Dieux ! l'effet nompareil d'un généreux courage I Que ce rival , monsieur, vous doit rendre d'hommage ?
(Elle lit.)
« Puisqu'Eraste vous laisse et retrouve les charmes » Qui jadis touchèrent son cœur, » Soyez toute à votre vainqueur, » Et venez essuyer mes larmes.
» Admirez son pouvoir : je fais ce qu'il m'ordonne ; » Il obtient ce consentement; » Et cet officieux amant , » N'ayant pu vous avoir, vous donne. »
» Cléante* »
Il faut rester ingrate à ces rares bontés : Rien ne peut égaler ce que vous méritez.
BlOIilS.
Adorable rival , de quel humble service Puis-je récompenser ce favorable office?
Que ce jour pour jamais borne nos diffëreos: Accorde cette grâce aux vcîbuk que je te rends.
iRASTE.
Mais oubliez plutôt les ardeurs importunes
Qui m'ont fait si long-temps traverser yos fortunes.
Cloris a dissipé ces malheurs infinis ^
Et procure Amélie aux vœux de Dionis ,
Erante à Lisidan : un triple nœud nous lie.
Mais Emile vous cherche , admirons sa folie ;
Il repaît son esprit de mille vains combats,
Et pour moins que son ombre il met les armes bas.