AM]ÉL1S
Va y traître, indigne objet d'une amitié si rare. Le tyran de mes maux, insensible, barbare. Qui fausses des sermens répétés si souvent; Cœur sans cesse agité, foible jouet du vent, Adore qui te plaît ^ offense-moi sans crainte, Et trouve ton excuse en cette vaine feinte : Ingrat, vois^moi pousser des soupirs superflus. Sois vain de mes douleurs et ne me parle plus» Mais quoi 1 je ne tiens pas sa perte favorable, Je regrette un amant si -peu considérable , J'abandonne mon cœur à d'aveugles douleurs , Et je pleure un sujet indigne de mes pleurs? Non, non, je parois lâche alors que je m'afQige; Je gagne en te perdant, et ta haine m'oblige; J'ai honte seulement des maux que j'ai soufferts, Et je préfère j ingrat,, ma franchise à tes fers. Adieu ; fais vanité de ma peine passée ; Mais ne me vois jamais , horreur de ma pensée.
(Elle veut sortir.)
Je n'en espérois pas un traitement plus doux. Conseillère imprudente, à quoi m'obligez-vous?
(A Amélie. )
Hélas ! belle Amélie , adorable maltresse , Accordez un moment au regret qui me presse : J'ai feint par leur avis cette infidélité , Et je suis innocent' de tant de lâcheté. Alors que je perdrai cette ardeur sans seconde Le soleil cessera d'illuminer le monde , On verra des appas égaux à vos attraits , Et cette égalité ne se verra jamais.
AMELIE.
O dieux!
ERANTE.
Le doux plaisir!
DIONIS
Belle âme de ma vie j.
Hélas ! la croyez-vous sous une autre asservie ? Divin charme des cœurs
AMÉLIE, r embrassant.
Ah! pardon, mon souci.
DIONIS
Offensez-moi souvent , et m'apaisez ainsi.
ÉRANTE.
Tai pris à vos dépens cette joie infinie : Les trompeurs sont trompés, et la feinte punie. Ne donnez plus d'ombrage à cet esprit jaloux, Caressant un objet qui ne peut rien pour vous. Ke vous consumez point d'une inutile Ûamme;