ACTE V, SCÈNE VI
Ai-je fait quelquefois une entreprise vaine? J'entreprends justement, et j'achève sans peine. La mort me plairoit plus qu'une honteuse paix ; Ce cœur est un rocher qu'on n'ébranle jamais.
LE VALET
Des lions quelquefois ont forcé leur courage, Et des soumissions ont apaisé leur rage.^
^MILE
Je fais grâce à beaucoup, j'y trouve des appas: Mais je la sais donner et ne la perdre pas: En des occasions les vengeances sont belles, Et l'on voit quelquefois des pitiés criminelles. Nous cherchons un rival indigne de pardon , Et la même pitié lui déniroit ce don.
Avançons, je le vois.
LE VALET
La partie inégale Fait qu'un soudain glaçon dans le cœur me dévale. Ils sont trois contre 4^]xx.
Ah lâche! suis mes pas.
DiONis, à Emile.
Oïl va votre grandeur?
£ M I LE
T'annoncer le trépas !
Tu n'as pas du, perfide, après tant d'insolence. Une seconde fois cho(]^er ma patience: . Je dois mon assistance à cet ohjet d'amour, . Et son enlèvement te coûtera le jour.
oioiris.
Ne diffère donc point.
35o AMELIE,
EMILE
Attends.
, DIONIS
Tu délibères?
Je songe que la mort fîuiroit tes misères, Que mon aversion me nuit, et, me vengeant, Que je t'obligerois en te désobligeant; Et que je te punis, en te laissant la vie. Mieux que si par ce bras elle t'étoit ravie. Va, je suis satisfait.
BIONIS.
Que de présomption?
EMILE
Et vous, divin objet de mon affection.
Quand prononeerez-vous.....
Dio^id , le tirant if auprès (T^àmélie.
Sors d'ici, lâche, infiline.
Es-tu si vain encor que d'abordef tnk dame? Indigne seulement d'entendre ses refus ^ ]!^e me réplique pas ; sors , ou tu ne vis plus.
lÉMILE.
Dieux! le plaisant courroux dont son âme est atteinte!
Il ne peut discerner le vrfei d^avec la feinte :
Voilà comme souvent on ne croit qu'à demi
Son plus cher serviteur et son meilleur ami.
T' ayant juré cent fois une ardeur étenielle,
Dois-tu m'attribuer le titre d'infidèle?
Je vis toujours égal, toujours en ttiâma point;
Ce que j'ai proposé ne se révoque point,
Et je feignois ainsi pour sonder la croyance