‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 245 sur 437 · ACTE I, SCÈNE IIL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IIL

Gens de cœpr et zélés sur tous les citoyens , Pour envoyer d'abord vers les Téléboyens ; Tous deux partent du camp 1 avec ordre d'apprendre Si Ptérèle prétend ou se perdre ou se rendre , S'il veut par son devoir se procurer la paix ^ Ou s'il veut que du bruit nous passions aux effets. Mais eii lui ces hérauts trouvent une âme altière. Qui de notre fureur augmente la matière. D une audace effrontée il repart aigrement, Qu'il trouvera sa paix en notre monument; Qu'il a depuis long-temps appris de son courage A ne s'effrayer pas d'un si léger orage , Et que ses gens et lui , vieillis dans les hasards , Yerroient sans peur le foudre aux mains même de Mars. Mon maître , à ce rapport , fait sortir notre année : D'un funeste flambeau la guerre est allumée ; Les drapeaux déployés, chacun marche en son rang, Et ne respire plus que carnage et que sang. L'ennemi d'autre part^ en superbe équipage, L'impatience aux mains et l'audace au visage , Sort l'enclos de sa ville , et par un vain orgueil Semble sous ses remparts marquer notre cercueil* D'un et d'autre côté les trompettes résonnent , La terre d'alentour rend les airs qu'elles sonnent : A ce bruit éclatant le cœur croit aux soldats ; Et cette noble ardeur leur fait croître le pas. Les chefs des deux partis^ après quelques prières, Par qui chacun se croit rendre les dieux prospères. Sollicitent leurs gens et marchent à la fois , ' Mais font mieux par l'exemple encor que par la voix. Alors tout ce qu'on a d'adresse et de courage. En ce pressant besoin on le met en usage ;

L'effet de la promesse en l'ouvrage se volt:

Le sang dérobe au fer la lueur qu'il avoit,

Il tombe par ruisseaux, il coule à chaque atteinte,

L'herbe en prend la couleur et la terre en est teinte;

Chaque arme , à chaque choc, produit autant d'éclairs;

Le bruit en retentit dans le milieu des aîi^; ^

Et cet humide lieu , non sans raison , s'éMrae

Que, hors de son espace, il pleuve, éclaire-, et tonné»

La victoire à la fin se déclare pour Aous ;;

Il tombe autant de corps que nous portons de coups :

Le mort et le mourant pêle-mêle s'entasse ;

Mais leur trépas est beau, chacun meurt en sa place;

L'ordre est en ce désordre , et de ces nobles coeurs

Le courage héroïque' étonne les vainqueurs.

Avec nous leur vertu leur partage la gloire ,

Mais la force et le sort nous donnent la vidtoire;

N^os efforts sont suivis d'un prospère succès.

Et notre joie alors va jusques à l'excès.

MERCURE

Certes la* vérité , hors de ce qui le touche , Sort nûment et sans art de sa profane bouche , Car nous vîmes du ciel les deux camps se heurter; Mon père y mit la main.

SOSIE

J'oubliois d'ajouter Que le plus noble exploit qui finit la querelle Fut celui de mon maître en la mort de Ptérèlé ; Sa main, rouge du sang de ce superbe roi , Remplit ce qui resta de terreur et d'effroi \ L'espoir abandonna ces généreuses âmes.

Et lors nos gens sans peine achevèrent leurs tramés.

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