‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 264 sur 437 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Il est bien véritable , il faut que je le die , Que les fous en autrui trouvent leur maladie , Qu'ils tiennent tous esprits dans le défaut des leurs, Et qu'ils se peignent tout de leurs propres couleurs.

GJÉPHALIE, apportant le vase d'çr.

Le voici.

ALCMÈITE.

Donnez-moi. Voyez si cette folle Vous a fait concevoir une attente frivole , Vous qui désavouez ce que vous avez fait; Est-ce une illusion, ou ce vase en effet?

AMPHITRYON

O dieu, maître des dieux! divinité suprême! Sosie, approche; tiens^ le voilà , c'est lui-même. Elle nous a charmés.

SOSIE

• Il le faut croire ainsi ; On ne le peut sans charme avoir ôté d'ici.

AMPHITRYON

Ouvre , romps le cachet.

SOSIE

Quelle est cette aventure?

L'art veut à reproduire imiter la nature , Et, comme vous et moi sommes déjà doublas, Ce vase Test encore, ou nous sommes troublés.

Hâte-toi.

SOSIE

Voilà fait. O dieux !

4oo , LES SOSIES,

AMPHITRTOir.

Apporte , montre.

SOSIE

Que vous puis-je montrer, si rien né s*y rencontre? O prodige inouï!

AMPHITRTON.

Retourne sur tes pas , Traître ; il le faut trouver.

SOSIE

Ne le tient-elle pas?

Pour me l'avoir commis , qu'importe qui le rende î

AMPHITRYON , à Alcmène, De qui l'as-tu reçu ?

ALCMiN£.

De qui me le demande.

AMPHITRTOir.

Aquelle heure? où? comment? dit tout de point en point.

Je vous vais tout conter, je ne me défends point. Hier , au point que la nuit tendoit ses sombres voiles , Et qu'on voyoit au ciel les premières étoiles

Après.

ALCMÈNE. ^

Je vous tendis l^s bras*

AMPHITRYON

Un si courtois accueil déjà ne me plaît pas.

ALCMÈNE

Je reçus et rendis le salut ordinaire.

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