ACTE II, SCÈNE III
Incomparable ardeur de ces foudres de guerre Qui semblent être nés pour conquérir la terre, La prise de Télèbe , et le triste destin Qui renversa l'orgueil de ce peuple mutin : Votre duel enfin, et la mort de Ptérèle, De qui, sinon de vous, tiens-je cette nouvelle?
AMPHITRYON
Je t'ai fait te récit ?
ALCMÈNE
Sosie étoit présent.
SOSIE
(A part.)
Il ne m'en souvient point. O le débat plaisant!
AMPHITRYON
Il rit, et justement; de ton erreur extrême.
ALCMjàNE.
Peut-il , instruit par vous , parler contre vous«même ?
AMPHITRYON, à SoSie.
Dis-le, si tu le sais; m'as-tu vu l'aborder?
SOSIE
Ëtes-vous fol aussi de me le demander,
La voyant, comme *elle est, de sens si dépourvue?
AMPHiTRioN , à Alcniène.
Au moins crois l'un des deux.
ALGMÈNE.
Je ne croîs que ma vue; Je vous parle sans art et sans déguisement , Et n'ai point d'intérêt à parler autrement. Mais désavoûrez-Yous une preuve certaine
Dont je TOUS vais eonyaiacre et me tirer de peine? Ne tiens-je pas de vous ce riche vase d^or Dont on vous fît présent.? Le nîrez-vous encor?
Non , il t'est destiné , t*en a-t-on avertie ?
ALGMÈflE.
Vous me l'avez baillé.
AMPHITRTOir.
Quand?
AliCMiElf £•
A votre sortie.
Trouverez- vous encor de quoi le contester? Vous plaît-il de le voir? le ferai-je apporter?
AMPHITRYOïr.
Voyons. Dieux! quel miracle égale ce prodige?
ALCMÈITE.
Apportez, Céphalie.
(Cëphalie va chercher le vase d^or.) SOSIE.
Elle est folle, vous dis-je :
Le voici que je porte il est dans ce sachet, Fermé de votre main et de votre cachet
AMPHITRTOîr.
Le sceau me semble entier.
SOSIE
Avant que de ce terme Elle passe en un pire, ordonnez qu'on l'enferme, Pour votre sûreté comme pour son repos.
AMPHITRTOK.
Cet avis , ce me semble , est assez à propos.