ACTE IV, SCENE IL 4ai
AMPHITRTOlf..
Quoi, tout, jusqu'aux esprits, est ici renversé? Quel dieu de ce désordre a ma maison remplie? Sosie !
MERCURE
Eh bien ! c'est moi ; crains-tu que je l'oublie ? Achève, que veux-tu ?
AMPHITRYON
Traître , ce que je veux !
MERCURE
Que ne veux-tu donc point? réponds-moi si tu peux.
Il pense s'adresser à quelque hôtellerie.
De la façon qu'il frappe , et qu'il parle et qu'il crie.
Et bien! nx'as-tu, stupide^ assez considéré?
Si l'on mangeoit des yeux, il m'auroit dévoré.
Quel orage de coups va pleuvoir sur ta tête! Moi-même j'ai pitié des maux que je t'apprête. Sois-je aussi cher aux dieux que je vais en ta mort Faire un exemple horrible à tous ceux de ton sort!
MERCURE
Mais si ce malheur même arrive à qui menace ?
AMPHITRYON
A-t-il perdu l'esprit? Dieux ! quelle est son audace? ' Mais qu'attends-je en ce lieu? Traître, tu n'ouvres pas? Rompons tout, brisons tout, et mettons tout à bas!
MERCURE
Spectre , qui que tu sois , fantôme , ombre vivante , Qui crois par ta menace exciter l'épouvante ^
4îii LES SOSIES,
Si ta fuite ^ inseAsé , tarde encore un moment ;
Si du pied, de la main, ou du doigt seulement,
Même du souffle seul , tu touches cette porte ,
Devine quel congé cette tuile te porte :
Un passe-port du jour aux étemelles nuits.
AMPHITRfON.
Connois-tu qui te parle, et sais-tu qui je suis?
MERCÛBE.
Ni je ne te connois, ni ne te veux connoître.
AMPHITRTON-
Miséfàble est le serf qui s'attaque à son maître.
MERCURE
Toi mon maître?
AMPHITRTOIC.
Qui donc?
MERCURE
O le doux passe-temps!
AMPHITRYON
Je te le vais y, pendard , apprendre à tes dépens.
S'il se peut , que Ton m'ouvre ; ou si tu peux descendre...
MERCURE
Autre qu'Amphitryon n*a droit de me l'apprendre; Je ne reçois des lois d'autres maîtres que lui.
AMPHITRYON
Qu'entends-je ? quel parois-je? et qui suis-je aujourd'hui. * Sosie, ouvre les yeux; quelle est ta frénésie? Je suis Amphitryon, ou tu n'es pas' Sosie.
MERCURE
Ne l'ai-je pas bien dit qu'il étôit insensé? Passe, mauvais bouffon j tu t'es mal adressé;