ACTE IV, SCÈTfE III
AMPHlTRTOir.
De ton audace enfin ai-je tiré raison?
Traître, voilà le toit, la tuile, la maison; Reconnois-tu la porte , et vois-tu la fenêtre D'où tu feignois tantôt de ne me pas connoître ?
Vous a-t-il offense?
AMPHITRYON
Me le demandez» vous ?
II me veut, l'insolent , éloigner de chez nous; Il me ferme la porte , il me joue , il me chasse , Et de' cette fenêtre il m'use de menace.
SOSIE
Moi?
AMPHITRYON
De combien de coups ne m'as-tu menacé , Si j'eusse osé heurter^ ou si j'eusse avancé? Veux-tu nier?
SOSIE
Pourquoi ne le nîrai-je pas?
Kommez tout autre crime , un vol , un sacrilège , Des empoisonnemens et des assassinats; J'aurai même raison de ne les nier pas. N'ai-je pas en ces gens un trop clair témoignage ? Ne les mandez-vous pas? viens-je pas du rivage? Vous puis-je faire injure en vous obéissant ? Vous voyois-je du port , et vous parlois-je absent ? N'y 8uis-je pas allé par votre charge expresse?
AMPHITRYON
De moi?
43o LES SOSIES,
SOSIE
Que j*ai laissé parlant à ma maîtresse, Après Theureux accord qui vous a réunis?
AHPHITRTOir.
Comment, Alcmène et moi?
sosi«.
Dont les dieux soient bénis.
AMPHITRTOir.
Es-tu capable encor de cette effronterie ?
PREMIER CAPITAINE
Que je vous dise un mot: laissez-le, je vous prie. Les divers accidens arrivés en ces lieux, Si j'en crois ses discours , sont si prodigieux , Qu'il seroit à propos d'en faire plus d'enquête .Avant que cet orage éclatât sur sa tête : Quelque charme secret vous peut brouiller ainsi, Qui mériteroit bien qu'on s'en mît en souci.
a]m;phitryon.
Entrons et me furêtez et vos soins et votre aide A chasser de ce lieu l'erreur qui nous possède.