ACTE IV, SCÈNE IV
Votre sang vous trahit s'il ne vous dit assez Qui de nous est celui sous qui vous le versez; Votre rare valeur ne peut, sans être ingrate , Ne reconnoître pas sous quel, chef elle éclate, Puisqu'en quelque façon, ô généreux guerriers, La mienne contribue à cueillir vos lauriers. Ce n'est donc point de l'art que j'attends ma défense ; De vos seuls sentimens je fais mon éloquence ; La foiblesse paroît dans le besoin de l'art; C'est aux fausses beautés qu'on applique le fard : Plus l'innocence est nue et plus elle a de force, Et Ton nous veut tromper alors qu'on nous amorce»
PREMIER CAPITAINE
Quelle est cette aventure, et quelle occasion A jamais excité tant de confusion?
Le ciel même , le ciel , trompé par son ouvrage , Ne pourroit discerner l'un ni l'autre visage : S'il se peut toutefois vidons ce différent.
SOStE.
Le premier est un fourbe , il est trop apparent»
AMPHITRYON
Ce fourbe tôt ou tard te rendra cette injure»
SOSIE
Te perde Jupiter!
AMPHITRYON
Te confonde Mercure!
JUPITER, aux capitaines.
Balancez-vous encor dessus ce jugement ?
PREMIER CAPITAINE
Qui n'y balanceroit? C'est certes justement. Mais répondez tous deux. .