ACTE II> SCENE IL
ALEXANDRE
Allons donc, je vous prie.
Ten sortirai demain avant que l'œil du jour Redore Torient et commence son tour.
ALGIOITE*
Je crois, non sans raison , qu'au climat où nous sommes Les dieux prennent plaisir à vivre avec les hommes ; Que leur gloire se plaît dans un séjour obscur, Et préfère le chaume à leurs palais d'azur. Que le pouvoir est grand où la grâce est extrême ! Presqu'insensiblement je sens que je les aime , Et que si la raison me conseille plus tard. Il faudra que m<m cœur déloge à leur départ , Raison, honneur, hymen , chastes bornes des âmes, Restreignez mes ardeurs à d'innocentes flammes ; Et vous , beaux voyageurs , ayez moins de rigueur Que de vouloir loger jusques dedans mon cœur; L'incomparable humeur dont le ciel m'a pourvue. Ravit autant l'esprit que mon corps fait la vue ; Je ris dès le matin, je chante, je discours. Il n'est repos égal à celui de mes jours ; Mais ce n'est pas d'amour que procède ma joie. Il n'a point de mon cœur encor trouvé la voie, Et j'ai cru jusqu'ici qu'il était en un lieu Inaccessible aux traits de ce profane dieu. Arme-toi , ma raison , rends ma croyance vraie ; Repousse loin de moi quelque effort qu'il essaie ; Qu'à chacun ce logis soit un libre séjour; Recevons tout le monde , et ne chassons qu'Amour.
(Elle sort)