SCÈNE V
ALCIONE, THÉODOSE, ALEXANDRE , DORILAS; ANTOINE et LÉOCADIE , épanouis.
ALEXANDRE, V épée h la moin.
Mes yeux font vers le bois une recherche vaine , Et ne découvTcnt rien d^ côté de la plaine : Ils auront pris la fuite.
THEODOSE
O rigueur de mon sorti
ALEX Air DUE.
Qu'est-ce?,
THEODOSE
Hélas ! tout mon bien^toutmon espoir est mort ^ Antoine a sous Tefifort de leur funeste lame y
THiÉODOSE , à part.
Que vois-je? malheureuse! Il Tentend y la voit, Taime ^ Et se plaît avec elle au sein de la mort même \
LÉOCADIE
Si le coup qui détruit votre jeune vigueur,
Et qui vous atteignant me donna dans le cœur,
Peut laisser à mon nom dedans votre mémoire ,
Le lieu qu'ir occupoit avecque tant de gloire ,
Songez au triste état oîi vos jours sont réduits ,
Quel vous me devez être et quelle je vous suis.
Faites que ce beau corps rendant cette belle âme ,
Je vous ferme les yeux en qualité de femme,
Si toutefois l'arrêt dé votre sort est tel
Que ce malheureux coup vous doit être mortel ,
Je veux mieux espérer du soin des destinées
Qu'une si prompte fin de si belles années ;
Mais les dieux nous laissant tous les succès douteux^
Mettez-vous en état d'arriver devant eux ^
( Alcione entre.)
Et n'allez pas , souillé du titre de parjuré ,
Obliger leur justice à venger mon injure..
Je suis Léocadie, et ce déguisement
Est le fatal effet de votre changement:
C'est vous qu'en ces habits je proposois d'atteindre;
Et c'est vous, cher Antoine, à qui je me dois plaindre
Du sort qui veut ailleurs engager votre foi.
Ou qui veut partager ce qui n.'est dû qu'à mot.
Oïl que tendent vos vœux je n'ai point de rivale
Qui brûle d'une amour à mon amaur égale ;
Et que jusqu'en vos bras je ne vinsse étouffer,
Si du bien que j'attends elle osoit triompher. .