‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 348 sur 437 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LÉOCADIE, seule.

LiOURTS chemins des enfers, abîmes, précipices , Moyens aux malheureux si prompts et si propices Pour soustraire leur vie aux injures du sort^ Où vous reculez- vous? me niez- vous la mort? Plus j'en veux approcher, plus elle se retire ; Gouffre, rocher, ni mont ne s'offre à mon martyre : La terre pour me nuire en chaque endroit s'unit ; Tout abîme se comble et tout mont s'aplanit. Les lions de mon corps refusent la pâture, Et dépouillent pour moi leur brutale nature ; Ce bois , qui tant de morts expose sur mes pas, Me cache les voleurs auteurs de leurs trépas , Tant mon cruel destin s'obstine à me poursuivre, Tant il prend de plaisir à me forcer de vivre! Mais à qui veux-tu , lâche, imputer ton malheur? Il ne te faut rocher, mont, lion, ni voleur; La mort te suit toujours, elle est proche à ton aide; Du courage te manque y et non pas du remède :

Tu veux choisir ta mort , et d'un timide pas Marches comme forcée au chemin du trépas. Te peux- tu désormais exposer à ton père Sans servir de victime à sa juste colère , Ou servir ci la cour d'un exemple d'horreur A quiconque est poussé de semblable fureur!^

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