‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 347 sur 437 · ACTE IV, SCENE IX. 53i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IX. 53i

Et qu'au point où je suis je doute justement Qui j'aime plus des deux, la rivale ou l'amant.

LlSoCADIE.

Quel fondement enfin reste à notre querelle?

De quel front maintenant me puis-je plaindre d'elle?

A quelle dure loi me faut-il obéir,

Qu'il ne me soit permis d'aimer ni de hair?

THÉODOSE

C'est de ma destinée un bizarre caprice Que je vous nuise ensemble et que je vous chérisseï Que je porte le coup d'où naissent vos douleurs, Et que dé l'autre main je vous donne des (leurs. Mais mon sort n'est pas tel, belle Léôcadie, Que je ne doive encor craindre sa perfidie. L'amour n'est pas si près de couronner nos vœux : Antoine peut encor manquer à toutes deux; Mon espoir penche encore et n'a rien qui l'assure! Ma crainte doit durer autant que sa blessure, Et je dépends d'un astre assez malicieux Pour me ravir un bien qui m'est si précieux. Si le ciel toutefois , après tant de misères , Donnant sa guérison à mes humbles prières, Me Taccordoit enfin en qualité d'époux , Lors vous pourriez encor suivre votre courroux : Yos pas sont achevés si vous cherchez ma perte ; Ma vie est en vos mains, elle vous est offerte; Si ma mort vous importe, elle dépend de vous; Je ne l'empêche point, le coup m'en sera doux; Si c^est pour votre bien, je mourrai sans contrainte^ Et je jure les dieux que je parle sans feinte. Mais d'où vient qu'interdite en ce long entretien, Yous restez sans parole et ne répondez rien ?

L1ÊOCADIE.

Si VOUS savez aimer, par ce profond silence Jugez combien mon cœur souffre de violence ; Le sujet qui m'a fait vous mander en ce lieu j Cest... le dirai-je, hélas?

THiODOSE.

C'est?

LEOCADIE.

Pour vous dire adieu.

Adieu y que loin de vous le ciel porte sa haine , Et vous oblige autant qu'il me cause de peine.

( Elle se perd daos le bois.) THÉODOSE.

Madame , encor un mot. Mais je l'appelle en vain^ Trop légère elle suit un sentier incertain. Sa peine m'est sensible^ et toutefois m'oblige; Son bonheur me nuiroit, et son malheur m'afQige; Dieux! que ne se peut-il, pour notre commun bien. Qu'elle ait ce qu'elle veut et qu'on ne m'ôte rien !

Flir DU QUATRIÈME ACTE.

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